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La psychiatrie de demain

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Joan, il y a 1 semaine et 4 jours.

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    Joan
    Admin bbPress

    psychiatrie de demain

    « On juge du degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses marges, ses fous et ses déviants. » Lucien Bonnafé

    Et si on pensait ensemble la psychiatrie de demain?

    La psychiatrie c’est cette spécialité médicale née dans les asiles qui traite la folie, depuis les années 1950, à base de médicaments dits neuroleptiques. Aujourd’hui, les asiles ont laissé place aux hôpitaux psychiatriques et aux établissements de proximité qui assurent un suivi des patients au plus près de leur domicile, c’est la psychiatrie dite de secteur.

    La spécificité de la psychiatrie, c’est notamment la contrainte qui permet d’hospitaliser une personne  sans son consentement, parce qu’elle délire, parce qu’elle se met en danger ou qu’on estime qu’elle est dangereuse, parce qu’elle a besoin de soins et que c’est pour son bien.

    La psychiatrie, ainsi entendue, vient en aide aux personnes dont la souffrance psychique devient débordante, comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

    Si la contrainte est synonyme d’enfermement et constitue une entrave à la liberté du patient, les psychiatres assument donc cette lourde responsabilité quand la famille et l’entourage se retrouvent impuissant face à un débordement et une force qu’ils ne peuvent contenir.

    Pour contenir la crise, les médecins psychiatres ont eu recours par le passé à la camisole de force, aujourd’hui elle a évoluée en contention mécanique (quand on est attaché avec des sangles) supposée être une solution de dernier recours. Les médecins hospitaliers peuvent aussi enfermer un patient en chambre d’isolement. Mais leur principal outil de travail reste le médicament qui donne souvent l’impression d’être une camisole chimique tant ces substances lissent les émotions et les pensées.

    Sauf que 80% des personnes suivies en psychiatrie ne passent pas par l’hôpital et sont soignées en ambulatoire. On entend par soigner, le fait de prendre un traitement médicamenteux mais aussi la relation thérapeutique qui se crée et se noue avec les équipes soignantes. Car les maladies psychiatriques sont souvent des maladies du lien avec l’autre et la parole joue un rôle important dans le rétablissement et la guérison des patients. C’est en apprenant à se connaître et en retrouvant une vie sociale que le fou cesse de l’être malgré la persistance de certains symptômes.

    Aujourd’hui, il s’agit de redonner à la personne les rênes de sa vie et son autonomie d’où l’émergence de pratiques orientées vers le rétablissement ou la réhabilitation psychosociale. Il y a bien sur le côté pratique pour permettre une réelle inclusion sociale : avoir un logement, avoir un emploi, avoir des amis mais là on voit bien qu’on sort du champ du médecin. Ces critères extérieurs voire matériels vont de pair avec une reconstruction sociale et aussi intérieure de l’individu. Car la fragilité psychique s’accompagne souvent de rechutes, d’où l’importance d’un travail sur soi, de la psychothérapie.

    Mais alors, quelle psychiatrie pour demain?

    Les recherches en vogue et qualifiées d’innovantes comme les neurosciences cherchent une réponse biologique à la souffrance psychique, ce qui amène à penser qu’une anomalie biologique serait à l’origine de ces troubles :

    « Identifier pour chaque patient les anomalies biologiques à l’origine de sa maladie, pour poser un diagnostic précis et lui donner d’emblée le traitement le plus efficace. » Fondation Fondamental

    Le problème serait donc à chercher dans l’ADN ou dans les circuits du cerveau ou même dans le système immunitaire. Alors que pour d’autres, la cause est toujours à chercher dans un épisode traumatique à l’enfance.

    Pour moi, une psychiatrie tournée vers l’avenir serait une psychiatrie capable d’abolir la contention et les chambres d’isolement à l’hôpital. Ce seraient des psychiatres et des équipes soignantes capables de nous accompagner dans l’arrêt des médicaments et la mise en place de stratégies peu ou non-médicamenteuses basées sur un personnel soignant disponible et formé pour gérer l’agitation et la détresse par les mots et les gestes justes. Bien sur cela supposerait qu’on donne le temps à la psychiatrie de soigner et pas juste de gérer la crise. Aussi, il faudrait que la société soit sensibilisée pour apporter ou demander de l’aide. Et puis, que les psychiatres ne soient pas obligés de parler pour leur patients mais que ceux-ci puisse à leur tour prendre la parole.

    Et pour vous ce serait quoi la psychiatrie de demain?

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