Close

2 octobre 2020

Gringe, sincérité ou exploitation putassière ?

C’est pour et avec Comme des fous, l’asso et le blog, que j’ai eu l’occasion de rencontrer Gringe pour la sortie de son ouvrage “Ensemble, on aboie en silence”. A vrai dire, j’y suis allée bourrée de préjugés et décidée à savoir si oui ou non, la démarche de Gringe était sincère et si il s’avérait ou pas que ce soit un mec intègre et respectueux de son frère. 

J’avais lu le livre et c’est ce doute qui m’avait saisie à l’issue de la lecture. Gringe fait-il ce livre pour se promouvoir et bénéficier de la schiz’ de son frère pour exister à nouveau ou est-il réellement pétri de mauvaise conscience et de malaise face à cet état de fait pour avoir la nécessité ou l’urgence d’en parler comme pour se justifier vis à vis de son public. Il évoque dans l’écrit un syndrome qui le touche : celui du survivant. Alors la question restait : Fallait il pour lui se justifier en conséquence directe de ce syndrome ou était-il l’un de ces putassier qui surfent sur la psychiatrie pour faire parler d’eux ? 

Alors oui, à ne pas en douter Gringe aime son frère et le respecte. Son regard sur les trois fou et folles que nous étions me l’a prouvé.

Et bien, la rencontre avec lui a répondu d’une belle façon à ce questionnement cru mais légitime pour les fous et les folles comme moi. Il m’est apparu clairement qu’il était d’une honnêteté sans failles. Gringe est un mec intègre. Il lutte contre une forme de psychophobie que par solidarité il subit quand il dit qu’il se coltine lui aussi les regards déplacés et offensants des passants quand il se promène avec Thibault. Il semble vouloir encore et toujours vouloir faire corps avec son frère quand il parle de leur ancien amour fusionnel d’enfance et de début d’adolescence qui lui manque. Sans tenter de psychanalyse de comptoir car il le dit aussi quand on lui soumet l’idée, Gringe reste finalement un mec qui en étant en marge par son ou ses métiers, veut donner à Thibault l’idée que la marginalité qu’elle soit subie ou choisie reste une caractéristique positive. 

Alors oui, à ne pas en douter Gringe aime son frère et le respecte. Son regard sur les trois fou et folles que nous étions me l’a prouvé. Sans condescendance, sans chichis, ni jugement, il nous a parlé vrai et avec ses tripes et son cœur. Sincère, Gringe l’est. Sincère avec son frère, certainement plus que bien des personnes autour de ce frangin qu’on a envie nous aussi de porter par moments. Sincère avec son public, il l’est aussi. Et sincère avec les folles ou les fous tels que moi, également. Son intérêt pour les mouvements d’usagers est aussi sincère. Cela m’amène aujourd’hui à rêver d’une déstigmatisation des troubles psychiques dans le rap français. Déstigmatisation que parfois il porte en nommant les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles devraient être perçues. La transformation de cet essai d’admission commune des troubles psychiques laisse rêveur que celle-ci se fasse par le rap ou le cinéma, elle laisse espérer autre chose que des documentaires racoleurs sur les UMD ou les fous psychopathes tueurs d’Esprits criminels. 

Gringe, merci. 

Agathe

Laisser un commentaire

EnglishSpainItaly