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3 août 2017

Je suis un terroriste de l’amour

Bonjour, je m’appelle Joan et j’aimerais témoigner des violences policières et psychiatriques dont j’ai fait l’objet en 5 jours.

basaglia italie

« La liberté est thérapeutique »

Mercredi 26 juillet 2017, je monte dans un train à Paris-Gare du Nord pour rejoindre mes cousines que j’adore aux Pays-Bas.

Comme je ne dors plus depuis quelque temps, l’aînée commence à s’inquiéter. Elle veut m’aider et éviter le pire.

Alors que je sens l’hospitalisation venir, je décide de reprendre le train pour Paris.

Je monde dans un train à Delft en direction de Rotterdam pour prendre un Thalys. Sauf que le train n’est pas un direct et, lorsqu’il s’arrête à Schiedam, des policiers montent dans le train.

Ils me demandent de descendre, je refuse, je ne suis pas un terroriste, j’ai mon passeport français à la main qui me donne le droit de circuler librement en Europe.

police

« Shut up, you are fucking crazy!«  dis-le policier après m’avoir attrapé par le bras avec violence et fait sortir du train.

Je dis alors que j’ai eu dans le passé des problèmes de santé mentale alors ils m’accompagnent voir un psychiatre.

Après 10 minutes d’entretien, le psychiatre me libère, il me donne le choix de reprendre mon traitement médicamenteux que j’ai arrêté le 17 juillet 2017.

De retour, chez ma cousine, la tension monte et je perds mon sang-froid. Je voulais rentrer chez moi quand ma cousine m’a envoyé la police et le psychiatre, alors que pour rappel je n’ai aucun diagnostic de maladie mentale.

J’ai beau répéter que je vais très bien, elle entend souffrance et besoin de retourner en France voir mon psychiatre. Comment sais-je que je vais bien? Parce que je ne souffre aucunement, je ris, je m’amuse et je prends plaisir à échanger avec les autres dans une écoute bienveillante. Bref, je suis totalement dans ma norme, un brin provocateur mais réceptif aux critiques.

Mais je trouve que le policier néerlandais qui s’est permis de me maltraiter physiquement et psychologiquement est allé trop loin. 

Le soir, alors que ma tante et ma mère commencent à alerter le monde entier, je prends les choses en main et j’appelle la police néerlandaise au 112.

30 minutes après la police débarque, j’aurais dit au téléphone que je suis un terroriste de l’amour et que la bombe c’était mon cœur. La police n’étant pas là pour régler les chagrins d’amour, ils me menottent et m’emmènent au poste. Là ils prennent mon passeport, mes empreintes et photo. Mais lorsqu’il s’agit de lire mes droits, ils m’empêchent de les lire jusqu’au bout.

Direction la cellule de garde à vue pour les « terroristes ». Je commence à m’agiter car ça me rappelle la chambre d’isolement de l’hôpital de Soisy-sur-Seine où l’on m’a enfermé le 24 novembre 2010 sur prescription du docteur Xavier Bonnemaison.

terroriste

Ce dimanche 30 juillet 2017, je suis transféré du commissariat de Delft à celui de Gouda (celui du fromage). Il doit être très tard déjà alors je leur indique que je suis sous traitement médicamenteux et ils prennent note. Je signe, puis on me met dans une deuxième chambre d’isolement au sol en linoléum vert et murs grisâtres. Le gardien pénitentiaire m’amène une gélule transparente. Je refuse de l’avaler sans avis médical.

Ils ferment la porte. Je me retrouve seul avec moi-même. je cherche à me cacher de la caméra infrarouge qui filme la pièce, j’utilise les draps pour le faire. Trois policiers arrivent alors et me plaquent au sol pour reprendre les draps.

Il me reste un matelas, un interphone pour demander de l’aide et une fontaine d’eau. Je bois un peu puis l’ennui venant, je me mets à asperger la caméra de surveillance avec de l’eau. Il décident de couper l’interphone, puis la lumière, puis l’eau pour me calmer. Je ne me calme pas et je commence à mimer mon arrestation à la caméra 8 heures durant. Pour vous donner une idée, c’est une cellule comme celles de Fort Boyard mais là il n’y a pas de limite de temps.

Quand le jour se lève, une policière ouvre la cellule et me propose un café, je lui réponds poliment oui. Je sors de la cellule et je rencontre mon avocate commise d’office, une très belle femme aux cheveux blonds. On enchaîne ensuite un interrogatoire de deux heures avec une traductrice neutre au téléphone.

L’interrogateur habillé en civil m’informe que l’officier de justice du roi des Pays-Bas peut décider de me garder encore 4 jours. Je refuse de me lever de ma chaise alors on attend. Un médecin généraliste débarque et m’examine. Je lui demande de la pommade pour mon bras, elle n’entend pas, elle me prescrit de l’Abilify et de l’Olanzapine ou Clozapine sans mon consentement.

Une fois retourné dans la cellule numéro 107, je m’amuse à découper les gobelets pour les humecter dans l’eau des WC et je fabrique un cœur que je colle au mur qui fait face à la caméra sous les 8 pavés de verres qui éclairent la pièce.

Pendant ce temps, ils ont appelé ma mère en urgence pour qu’elle confirme que j’ai des problèmes de santé mentale. Elle signe, non plus l’internement comme en 2010, mais mon bon de sortie à condition de quitter le pays immédiatement, je suis libéré grâce à elle.

Nous prenons donc le premier train pour Paris. Arrivé à Paris, je m’énerve, je voulais rester au Pays-Bas encore un jour. Alors dans la soirée, j’appelle la police néerlandaise pour demander à récupérer les enregistrements des deux chambres de détention où j’ai été enfermé toute la nuit. Ils ne comprennent pas la demande, alors ils envoient la police française me chercher ici dans ma chambre à Paris.

Un charmante policière du nom de Laetitia m’accompagne à l’Hôpital de la Salpêtrière. Là je découvre avec l’infirmière Maeva, une chambre pour moi, sans fenêtre mais avec un lit de contention. Je demande à la policière que tout soit filmé car je pressens qu’ils vont me sangler. Je suis tout à fait calme, je leur explique que la contention va à l’encontre des droits de l’homme mais ils m’attachent quand même avec des sangles de contention pour assurer leur sécurité. Ils prétendent que c’est pour mon bien mais je discute poliment avec chaque interlocuteur.

Un médecin-chef du nom Marie-Christine arrive avec sa blouse blanche (la moitié des soignants n’a pas de nom sur son badge) et, sans attendre, elle fait venir l’infirmière Fiona pour m’injecter du Loxapac dans le derrière . Je commence à m’agiter alors un deuxième infirmier, du service du matin, arrive et m’injecte une seconde dose de Loxapac, sans aucun consentement de ma part.

Je suis alors transféré à la polyclinique de la rue Wurtz dans le 13e arrondissement. Je découvre 4 autres patients. Mais je m’impatiente et donc, après avoir avalé la Dépakine rose et le comprimé blanc d’Abilify, j’appuie sur le bouton d’alarme incendie. Les portes se débloquent et je quitte le service d’un pas félin en direction de chez moi. Sur le chemin un black baraqué m’intercepte et me plaque à terre et casse mes lunettes.

Ils m’aident à me relever et je me mets à courir vers l’autre extrémité du parking, je saute une grille verte et je rentre chez moi assommé par les médicaments mais heureux. J’ai retrouvé ma dignité et ma liberté.

Plus tard, le docteur Abdel Kader prétend être venu me chercher à mon domicile, sauf que je dormais à cause des fortes doses de neuroleptiques qu’il a lui-même prescrites. Dans l’après-midi, il m’appelle au téléphone et je le rejoins pour dialoguer. Il lève l’hospitalisation SPPI pour péril imminent à condition que je vienne chaque soir à la polyclinique prendre un traitement neuroleptique.

Je souhaite dénoncer ce chantage car je vais bien depuis le 17 juillet, ce sont les circonstances extérieures, le silence de certaines, l’inquiétudes de beaucoup d’autres qui m’ont fait prendre de mauvaises décisions. Il faut savoir que les traitement médicamenteux, en plus d’être un marché juteux pour les entreprises pharmaceutiques, réduisent notre espérance de vie de 15 à 20 ans.

Si ma mère n’était pas revenue de Buenos Aires à Paris puis au Pays-Bas, je n’aurais jamais pris peur. J’étais assis tranquillement avec ma cousine en train de regarder le football féminin quand j’ai inventé cette histoire de terrorisme afin de demander protection face à ma mère qui pouvait débarquer à tout moment et signer encore une fois une hospitalisation sous contrainte comme en 2010.

Je remercie les soignants et les force de l’ordre pour leur travail précieux. Mais, j’aimerais vous rappeler que vous avez le devoir de traiter les personnes vulnérables avec respect et humanité.

C’est mon environnement qui me rend agité, je ne suis pas fou et je compte bien avoir une discussion avec les responsables qu’ils soient à La Haye pour les droits de l’Homme ou l’ASM 13 pour expliquer que personne n’est incurable et que ni la camisole physique ni chimique n’ont jamais soigné personne.

On ne guéri pas d’un trouble mental avec des médicaments, mais avec des thérapies par la parole et un minimum d’humilité et de bienveillance.

Je prône l’abolition des armes à feu et la fin du commerce juteux des entreprises pharmaceutiques.

Je ne prends plus de traitement médicamenteux et je ne dors que quand je suis fatigué.

Je connais mon corps et la maladie est uniquement une réaction physique et psychique aux maltraitances de l’enfance, d’où le fait qu’elles se déclenchent principalement à l’adolescence.

Je ne suis plus malade, je suis en harmonie avec moi-même et je pense à ceux qui souffrent réellement à chaque coin de rue. Je ne cèderai pas au chantage de prétendus médecins qui veulent réguler mon humeur avec des drogues. Je vous le répète une dernière fois, je vais bien, à vous de l’entendre car pour moi le suivi psychiatrique s’arrête ici.

Je souhaite demander réparation pour torture psychologique, merci de me contacter à contact@commedesfous.com pour m’apporter votre soutien.

Joan Sidawy, le 3 août 2017.

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