Close

1 avril 2019

Le Lieu de Répit de Marseille recrute un.e pair.e chercheur.se

Le groupe recherche action participative du Lieu de Répit de Marseille recrute un(e) pair(e) chercheur(se) à partir du mois de mai 2019.

CV (forme libre) et lettre de motivation à envoyer au plus tard le 21 avril à ldr.rap@tuta.io en indiquant dans l’objet du mail « recrutement pair(e) chercheur/se ».

Pour toute information complémentaire, contactez ldr.rap@tuta.io


Fiche de poste

Pair(e) chercheur/se

Équipe recherche-action participative du Lieu de Répit

Le collectif Lieu de répit (LDR), représenté par Justice and Union toward Social Transformation (JUST), est porteur du projet Lieu de répit. JUST a été créé en 2015 par l’équipe du Mouvement et action pour le rétablissement sanitaire et social (Marss) pour favoriser le développement de projets innovants. Le LDR est un lieu d’accueil de crise alternatif à l’hospitalisation qui permet à des personnes de résoudre leur crise en y prenant une part active.

Pour en savoir + : 

https://just.earth/
https://ldrmarseille.wordpress.com/

Le poste de pair(e) chercheur(se) est financé dans le cadre du projet soutenu pour la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), qui a pour principal objectif de « documenter dans le cadre d’une recherche-action participative (RAP) l’efficacité du programme Lieu de répit et sa potentielle valeur ajoutée par rapport au système de santé actuel et aux offres habituelles, en particulier concernant le nombre et le type de contraintes, les durées d’hospitalisation et le mode de sortie, ainsi que la destination de sortie de personnes sans abri en situation de handicap psycho-social/vivant avec un trouble psychiatrique sévère. »

Le groupe Recherche Action Participative est garant de la mise en oeuvre du projet soutenu par la CNSA. Ce groupe mixte, composé d’une vingtaine de personnes, réunit des bénévoles, des salariés, des chercheurs de métier, des personnes directement concernées par les troubles psychiques et des partenaires. Il se réunit de façon hebdomadaire.

L’équipe recherche/RAP au LDR est composée de 5 personnes : 1 chargé(e) de mission recherche-action participative (en cours de recrutement), 1 chargée de recherche qualitative, 1 chargé de recherche (doctorant), 1 pair(e) chercheur/se (poste à pourvoir) et 1 stagiaire. Seul le poste de pair(e) chercheur/se est à plein temps. Les autres postes sont à mi-temps.

Missions

  • Participer à l’élaboration des questions de recherche, aux méthodologies de recueil de données, au recueil et à l’analyse de données ainsi qu’à la diffusion des résultats
  • Co-animer le groupe Recherche-action participative (RAP) (fréquence hebdomadaire) 
  • Co-animer des groupes non-mixtes de personnes détentrices d’une expérience de la « crise », des troubles psychiques, de l’expérience des services de soins psychiatriques et/ou du rétablissement, de crises émotionnelles ou états extrêmes…
  • Créer les conditions d’une bonne appropriation des résultats de la recherche-action par les personnes concernées, en particulier les personnes accompagnées au Lieu de Répit
  • Travailler avec une pluralité d’acteurs, détenteurs de savoirs expérientiels, professionnels et académiques (personnes concernées par les troubles psychiques, proches/aidants, bénévoles, professionnels, partenaires…)
  • Participer à la conception et la rédaction des livrables (rapports, comptes-rendus de réunions/rencontres, « toolkit » ou boîte à outils sur un Lieu de répit)
  • Préparer et participer aux voyages d’études  au Québec et à New York et aux suites à donner à ces voyages (enseignements pour le LDR, transfert d’expériences)
  • Participer à l’élaboration des critères d’inclusion dans la recherche expérimentale Lieu de répit.
  • S’impliquer dans des groupes actifs au LdR (logement, bonheur au travail, soutien, bien être…) et des actions de l’équipe intervenant auprès des personnes en crise soutenues et accompagnées.

Qualités attendues

Expérience comme pair(e), détenteur-rice de savoirs expérientiels des troubles psychiques

  • Expérience de la crise et/ou de la psychiatrie hospitalière,
  • Capacité à mobiliser les savoirs (savoir-faire, savoir-dire et savoir-être) liés à cette/ces expérience(s), à les partager, les valoriser et les mettre au service d’un projet de transformation sociale et politique.

Expérience dans la recherche

  • Intérêt pour l’univers de la recherche
  • Expérience souhaitable de recherche et/ou de recherche-action (questionnements, engagement dans une démarche de recherche et/ou du travail en équipe) ou connaissance de l’univers de la recherche en tant que participant à des recherches, étudiant.e ou chercheur
  • Qualités réflexives
  • Compétences rédactionnelles

Expérience liée à des approches participatives

  • Intérêt pour les démarches participatives, collaboratives
  • Capacités à travailler en équipe, en partenariat, en réseau

Conditions :

  • CDD de 9 mois (15 mai 2019- 15 février2020)
  • Poste à temps plein
  • Salaire brut (9 mois): 29700 euros

CV (forme libre) et lettre de motivation à envoyer au plus tard le 21 avril à ldr.rap@tuta.io en indiquant dans l’objet du mail « recrutement pair(e) chercheur/se ».


Résumé du projet Lieu de Répit

Contexte

Entre 2012 et 2015, la pratique de « soins sous contrainte »  liée aux situations de crise a augmenté de 15 %, avec environ 90 000 personnes suivies sous contrainte (Magali Coldefy, Fernandes, et Lapalus 2017), ce qui fait de la France l’un des pays d’Europe où l’on hospitalise le plus sous contrainte. Ce sont les personnes les plus isolées, celles ayant le diagnostic le plus stigmatisant qui subissent la contrainte (Magali Coldefy, Fernandes, et Lapalus 2017). Le fait d’être sans chez soi,  issu d’une minorité ethnique visible, allié à l’absence d’alternative sur le territoire sont des facteurs de risque bien documentés d’être hospitalisé sous contrainte (Lorant et al. 2007). Les solutions habituellement proposées restent très hospitalo-centrées et laissent peu de place aux alternatives recommandées par les guides de bonnes pratiques internationales  comme l’éducation thérapeutique et l’approche communautaire. Plusieurs études ont montré que les lieux d’accueil de crise en dehors des hôpitaux obtiennent des résultats équivalents à ceux de l’hospitalisation conventionnelle en termes de réduction de la symptomatologie et auraient de meilleurs résultats en terme d’augmentation des temps de rémission et de reprise d’une activité professionnelle ainsi que d’inclusion sociale et ce, avec des coûts réduits, donc une efficience nettement supérieure. 

A Marseille, un dispositif expérimental mis en place entre 2007 et 2010 a montré sa capacité à proposer une alternative à l’hospitalisation, pour des personnes sans chez soi souffrant de troubles psychiatriques sévères ayant des comorbidités addictives et somatiques graves (Girard et al, 2012).

Tirant les leçons de cette première expérimentation locale,  s’inspirant également de l’expérimentation Parachute menée à New York, un nouveau dispositif expérimental, appelé « lieu de répit » se met en place et développe une alternative aux soins psychiatriques classiques sous contrainte depuis 2016.

Objectifs

Objectif principal

L’objectif principal est d’évaluer l’impact du recours au programme « Lieu de Répit » en comparaison avec les offres sanitaires et sociales habituelles en direction des personnes sans-abri présentant des troubles psychiatriques sévères en situation de crise sur la durée des séjours hospitaliers à temps plein sur une période de 12 mois.

Objectifs secondaires

Volet quantitatif :

– Evaluer les coûts associés au dispositif innovant et calculer le ratio coût-utilité (coût additionnel par année de vie gagnée pondéré par la qualité de vie) entre les deux modes de prise en charge;

– Comparer les trajectoires de soins et de rétablissement « Lieu de Répit » versus offres sanitaires et sociales habituelles.

Volet qualitatif :

– Documenter le processus d’implantation du programme « Lieu de répit » : le contexte local et national, les liens entre les structures, les procédures de recrutement, le maintien des personnes et des professionnels dans le dispositif, les ressources matérielles, les obstacles et résistances des acteurs au changement et les processus d’appropriation de ces mêmes acteurs (dont les personnes concernées), les écarts entre modèles d’intervention théorique et réel.

Méthode

Etude multicentrique et multidisciplinaire associant des structures hospitalières, universitaires et des structures associatives spécialisées dans le logement et la précarité. Les sites participants (Lieu de répit, centres hospitaliers de crise) sont localisés à Marseille.L’étude est réalisée de façon prospective (12 mois), comparative et non randomisée, selon une méthodologie mixte associant une approche quantitative et qualitative (avec un volet participatif) sur 120 sujets.

Perspectives

1- Documenter les éventuels effets sur les pratiques, stratégies et type d’interactions que les acteurs mettent en place avec les personnes psychotiques afin de mieux comprendre comment réduire les inégalités de santé produites par le système de soins. 

2- Favoriser Le développement de nouvelles pratiques de soins se focalisant sur les compétences et  capacités (capabilities) qui ont un potentiel  indéniable de réduction des inégalités produites ou accentuées par le système de soins.

3- Diffuser le modèle de lieu de répit au delà de la psychiatrie à d’autres maladies chroniques (Alzheimer, cancer, autres).


La charte du Lieu de Répit

charteLDR

Loading Facebook Comments ...

Laisser un commentaire

ItalySpainEnglish