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8 mai 2017

La Mad Pride, c’est sans espoir.

La marche pour la santé mentale du 10 juin 2017 organisée par l’association La Mad Pride n’aura pas lieu.

Au vu du contexte politique et à la veille des élections législatives, les organisateurs préfèrent anticiper une éventuelle interdiction de la marche par la préfecture de police et sauver la face en organisant un rassemblement statique mais symbolique.

Il faut croire que ces mêmes organisateurs n’ont plus la force de marcher après quatre années de défilé qui ont vu le nombre de participants décroître d’année en année.

la mad pride

L’engouement médiatique, lui, était au rendez-vous l’année dernière mais il semblerait que l’association organisatrice ne soit plus à la hauteur des enjeux.

Derrière le vernis médiatique, se cache une poignée de personnes qui se réunissent de manière associative, chaque mois, en conseil d’administration. Autant dire que si vous n’êtes pas nommé administrateur de l’association La Mad Pride, vous ne pourrez pas participer à l’organisation. C’est en effet cette association qui se revendique comme organisateur officiel de la marche des fiertés en santé mentale.

Malheureusement, cette association tel qu’elle fonctionne actuellement n’est même plus capable d’organiser la marche. Il faut dire que ses membres, qui ne sont pas plus de 10, n’ont presque plus intérêt à ce qu’elle ait lieu.

Dans cet entre-soi associatif, la moyenne d’âge dépasse aisément la cinquantaine et les personnes prétendument concernées n’ont jamais vu les portes d’un hôpital psychiatrique si ce n’est pour visiter un de leur proche ou pendant les portes ouvertes de Sainte-Anne.

Au-delà de cette faible représentativité, c’est la représentativité même de l’association La Mad Pride qui est en cause puisqu’elle repose sur 7 associations fondatrices ayant chacune droit à une place au conseil d’administration, laissant une seule place d’administrateur aux personnes non-affiliées, c’est-à-dire n’adhérant pas à ces associations. Or parmi ces 7 associations garantes des statuts, certaines ont quitté le navire : Bicycle, Humapsy et France-Dépression. Sans compter que les administrateurs restants n’arrivent pas à mobiliser les adhérents de leurs propres associations.

On est loin de la sociocratie revendiquée par la Fada Pride de Marseille. Ici à Paris, c’est le modèle réprésentatif qui règne et qui entraîne la Mad Pride à sa perte car les réprésentants de La Mad Pride n’ont pas de réelle légitimité.

Si la Mad Pride ne sert que de vitrine pour des associations en manque de visibilité et qu’elles ont peur de se ridiculiser par une faible mobilisation alors il est certainement mieux que cette Mad Pride n’ait pas lieu.

Mais si la Mad Pride était ce qu’elle devrait être, une marche pour les droits des personnes psychiatrisées et une invitation faite au grand public et aux médias à s’intéresser à la question de la santé mentale sous un angle positif et valorisant, porteur d’espoir, au-delà des appartenances à des associations d’usagers ou de proches, alors ce serait une formidable opportunité à saisir. Peut-être qu’un jour les personnes directement concernées pourront se saisir de l’événement, l’organiser par elles-mêmes voire refonder l’association sur des bases légitimes.

Joan, auteur pour Comme des Fous et ancien vice-président de l’association La Mad Pride.

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