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11 mai 2017

Pour un ministère de la Santé Mentale

ministère santé mentale

Un citoyen sur 5 est ou sera confronté dans sa vie à un problème de santé mentale et 2 millions de personnes souffrent en France de troubles psychiques sévères sans compter les maladies non-reconnues comme le burn-out.

Au deuxième rang des causes de handicap, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les troubles de santé mentale pourraient occuper le premier rang à l’horizon 2020.

Des millions de personnes concernées, mais de quoi parle-t-on ?

Troubles du sommeil, stress, souffrance au travail, addictions, dépression, nous sommes tous concernés par la santé mentale. Derrière ces problèmes qui semblent relever de difficultés individuelles, souvent contenues en famille et invisibilisées voire stigmatisées à l’échelle sociale, une réponse politique de grande ampleur est souhaitable.

Car la santé mentale de nos-concitoyens n’est pas qu’un problème, le bien-être de chacun est à l’inverse une condition préalable d’une société harmonieuse et apaisée. Le sujet va bien au delà du sanitaire : les familles, les acteurs de terrain, savent bien que cela relève aussi de l’organisation de la société, des politiques de logement, d’éducation, du pénal…

La création d’un ministère de la santé mentale serait un signe fort.

Pour répondre à cet enjeu, le ministère pourrait articuler l’éducation, la prévention, la participation citoyenne, l’emploi accompagné des personnes en situation de handicap psychique et impulser la recherche.

  • Les bons réflexes en santé mentale peuvent s’acquérir à l’école, une instruction au bien-être mental peut être aussi bénéfique que l’instruction civique dans un lieu comme l’école qui peut parfois véhiculer des souffrances.
  • Mettre l’accent sur la prévention : du suicide, des décompensations psychiatriques, du burn-out et de la souffrance au travail.
  • Inclure les personnes concernées et leurs proches par des dispositifs de participation citoyenne à l’image des conseils locaux de santé mentale.
  • Assurer la coordination de l’emploi accompagné pour les personnes en situation de handicap psychique leur permettant d’accéder au monde professionnel.
  • Impulser la recherche et l’innovation en santé mentale avec notamment les personnes directement concernées.

Les acteurs de la santé mentale sont unanimes, la psychiatrie française est en souffrance et face à la recrudescence des pratiques de contention et d’isolement, mieux vaut parfois éviter de se retrouver à l’hôpital.

Face à cela, l’usage des médicaments n’a jamais autant prospéré notamment les anti-dépresseurs, participant aux déficits de la sécurité sociale.

La maladie mentale, en tant que telle, n’est pas une fatalité car les expériences françaises comme Saint-Alban ont montré que ces maladies se soignent et qu’on peut se rétablir voire en guérir pour mener une vie pleine au sein de la société.

Les troubles de santé mentale en quelques chiffres

  • 20 % des handicaps sont liés à des troubles psychiques
  • 12 000 morts par suicide par an, soit un mort toutes les 40 minutes
  • 1 % de la population française souffre de schizophrénie
  • 1 % de la population française souffre de troubles bipolaires
  • 350 000 à 600 000 autistes en France
  • 13,1 milliards d’euros par an soit 8 % des dépenses de soins et de biens médicaux
  • 1er poste de dépense hospitalière
  • 1ère cause d’invalidité
  • 2nd motif d’arrêt de travail
  • Seulement 2 % de la part de l’investissement total en santé

Nous vous sollicitons, monsieur le Président de la République française, pour la création d’un ministère de la Santé Mentale afin de répondre de manière inédite et ambitieuse à cet enjeu d’aujourd’hui et de demain.

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