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18 février 2021

En finir avec la stigmatisation de la psychiatrie dans la presse

sud ouest dordogne

Suite à la parution le 17 février 2021 dans le journal Sud Ouest Dordogne (qui paraît à 219 000 exemplaires) d’un fait divers sous le titre « Comment empêcher les malades psychiatriques de nuire? » ( et pourquoi pas les mettre hors d’état de nuire tant qu’on y est? ), nous demandons un droit de réponse et envisageons d’enclencher un procès collectif au Journal Sud Ouest ou obtenir à minima des excuses publiques.

Nous invitons toutes les associations ou collectifs à nous contacter à contact@commedesfous.com et à se joindre à nous dans cette démarche que nous souhaitons collective.

Voici le lien vers la version digitale dont le titre a été modifié dans la journée, nous reproduisons le texte original en fin d’article:

https://www.sudouest.fr/dordogne/perigueux/dordogne-comment-empecher-les-malades-psychiatriques-de-nuire-1341852.php

sud ouest dordogne

Nous n’attaquerons pas le journaliste sur l’insuffisance de sa connaissance de la souffrance psychique ni son journal. Il s’agit d’une annonce à la presse, faîtes gaffe à ce que vous écrivez, certains contre-médias vous lisent.

Le titre sur la version digitale a été modifié mais il y a un sous-titre sous la photo qui reste inchangé :

Un homme atteint de troubles psychiatriques a jeté un four par la fenêtre de son appartement. La société peut se prémunir de ces dangers avec l’hospitalisation sous contrainte.

© archives Jonathan Guérin

Le titre était donc : Comment empêcher les malades psychiatriques de nuire? Et la réponse dans le sous-titre : La société peut se prémunir de ces dangers avec l’hospitalisation sous contrainte.

Sans spoiler le contenu, la personne en question n’est pas un malade psychiatrique au sens conventionnel, n’ayant fait sa première crise qu’en novembre 2020. Il a tendance à jeter des trucs et à se jeter par la fenêtre depuis le début du confinement. Sa souffrance doit être grande et son isolement peuvent justifier de tels comportements inadaptés.

Mais faut-il tout psychiatriser, pourquoi ne pas envoyer les équipes mobiles psy de proximité du Centre Hospitalier de Périgueux à la rescousse plutôt que d’appeler les flics en renfort? Pourquoi cette escalade dans le sensationnel?

Parce que la psychiatrie fait vendre, parce qu’elle explique l’inexplicable. Il était tout de même sous stupéfiants le monsieur qui a jeté son four micro-ondes par la fenêtre. Pourquoi l’assimiler à un malade psychiatrique et stigmatiser par le même coup les 2 à 3 millions de personnes suivies en France en soin psychiatrique?

Nous avons déja signalé l’article digital au Ministère de l’Intérieur sur conseil du Défenseur des droits.

En tant que citoyens à part entière et susceptibles d’être reconnus handicapés, nous sommes aussi un contre-pouvoir et nous saurons désormais nous défendre face aux attaques des médias poubelle. Oui, nous aimerions vous aider à vous former mais la colère est trop grande pour le moment, nous retirerons l’article original si on nous le demande gentiment. Mais vu qu’il a été amendé, nous supposons que les droits d’auteur ne sont plus d’actualité. Bonne lecture.

7 Comments on “En finir avec la stigmatisation de la psychiatrie dans la presse

moka
18 février 2021 chez 19 h 43 min

il y a un sous titre sous la photo resté inchangé :

Un homme atteint de troubles psychiatriques a jeté un four par la fenêtre de son appartement. La société peut se prémunir de ces dangers avec l’hospitalisation sous contrainte. © Crédit photo : archives Jonathan Guérin

Le titre était donc :comment empêcher les malades psychiatriques de nuire?
Et la réponse dans le sous-titre : La société peut se prémunir de ces dangers avec l’hospitalisation sous contrainte.

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Joan
19 février 2021 chez 13 h 51 min

Merci Moka, j’ai amendé le texte.

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magnussoren
19 février 2021 chez 13 h 36 min

alors, un p’tit commentaire vite fait..Il se trouve que cet article me touche doublement : je suis infirmier psy ( y’en faut) et dans un hôpital de jour pour adulte en Dordoge…Arf..J’ai axé une grosse partie de mon boulot sur la destigmatisation et l’autodestigmatisation,.. Nous organisons des groupes de paroles au bar ( avant covid) , certains usagers participent à la vie d’une association d’interet général ( etre utile ) , nous avons une chaine Youtube où l’on peut trouver des témoignages et aussi des création, nous avons une troupe de théatre d’impro, nous avons organisé un »colloque » ouvert a tous sur les entendeurs de voix….Enfin, voila quoi….Et la, je suis en vacances..je repeins mes plafonds et je tombe la dessus..Je crois que le pire c’est la réponse du journaliste…ça m’a fini…

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Joan
19 février 2021 chez 14 h 05 min

Merci, je publie ton portrait sous peu.

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Moka
19 février 2021 chez 21 h 48 min

Allez voir la page Linked in de ce monsieur; il mentionne notamment en Formation

EJCM – Ecole de journalisme et de communication de la Méditerranée
master Journalisme
2011 – 2013

Université Montesquieu-Bordeaux IV
master Sciences politiques et gouvernement
2004 – 2011

Ce n’est pas un malheureux pigiste sans le sou qui débute dans le journalisme et la vie…

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d'Alexis
19 février 2021 chez 20 h 36 min

Bonne critique. Mais quel dommage que pour déstigmatiser le patient en santé mental vous vous soyez sentis obligé de stigmatiser l’usager de substances psychotropes ! Du clivage, toujours du clivage, entre catégories de patients… les consommations ne sont qu’un symptôme parmi d’autres et beaucoup de médicaments psychiatriques sont également des psychotropes.
« A mon avis, on reconstruit des cloisonnements, peu ou prou : on est toxicomane/on est pas alcoolique ; on porte des valeurs d’abstinence à travers les NA ou les AA/ ou bien on a fait autrement… C’est des questions qui se posent par rapport à la loi de 70, au type de produit qu’on prend… Je pense que c’est vain, c’est même dangereux. je pense d’abord, ça va peut-être vous embêter que je dise ça mais nous sommes tous des usagers. Nous sommes tous des usagers et c’est par cette banalisation là qu’on peut faire comprendre à la société qu’il y a quelque chose de faux à vouloir en construire socialement quelques uns qui deviennent dangereux pour le monde et la société. Il y a quelque chose qui est totalement irrationnel, ou totalement construit en tous cas. Et je pense que c’est ça l’objectif : tant qu’on aura pas changé ce statut des usagers, qu’il se recomposera ces cloisonnements, il faudra recommencer à travailler sur ça. »
– Dr Alain Morel , aux E.G.U.S 2021 (https://www.youtube.com/watch?v=mcVRfh1w40s&t=2063s)

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Debbie Lithium
9 mars 2021 chez 11 h 31 min

Je suis sidérée, merci de mener une telle veille. Je viens de trouver votre association en lien avec votre article sur deux Podcasts en santé mentale. Je suis actuellement en recherche en représentation publique de la maladie mentale, j’écris sur ce sujet. Je vais prendre le temps de regarder de plus près vos articles et réseaux. J’ai un Insta pour le moment où je fais du retour d’expérience, de la pédagogie en santé mentale = @debbie_lithium. Je viens de m’abonner au vôtre. Peut-être que je rentrerais en contact avec vous pour ma rédaction. Belle journée et courage à toutes et tous !

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