De nouveaux lieux pour la folie

Décloisonner les lieux de la folie, ce n’est pas détruire les lieux de soins ou démultiplier les espaces démédicalisés mais bien trouver de nouvelles formes de convivialité autour de la folie.

Aujourd’hui, si tu t’avises de perdre la raison, on va te faire soigner, et c’est pour ton bien puisque tu es un être souffrant et on peut t’aider à ne plus souffrir, surtout quand tu représentes un danger pour les autres et pour toi-même. La folie vue du dehors, c’est ça, un danger et un risque. Il s’agit de nous protéger, et pour cela paradoxalement on enferme les gens. Il y a l’hôpital et au sein de cet hôpital, la chambre d’isolement, et dans la chambre d’isolement une personne qui ne peut que maudire le monde qui l’a faite enfermer.

Viennent ensuite les belles histoires de ceux qui se relèvent, retrouvent goût à la vie et font le tour du monde pour raconter leur parcours de rétablissement et incarner un message engagé et plein d’espoir.
Ces survivants de la psychiatrie ont une parole très appréciée car authentique, sans détours. Mais on en fait vite le tour. S’accomplir dans le rôle du patient rétabli qui s’exprime dans le monde clos des soignants et des élus, parfois même des entreprises, est une espèce de mascarade sociale. Ne peut-on pas devenir des acteurs publics pour œuvrer à un décloisonnement du champ de la santé mentale au lieu de se cantonner toujours aux mêmes cases ? Lire la suite

Comment devient-on fou ? Et que faire pour ne pas le devenir.

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On peut avoir des comportements fous, défiant l’entendement ou la morosité ambiante, encore heureux ! Mais il est malheureux de dire de quelqu’un qu’il est fou, qu’elle est folle : c’est considérer que cette personne a perdu la tête, c’est la déshumaniser. Il n’y a pas d’un côté les sains d’esprit et les fous de l’autre qu’il suffirait d’identifier, puisque chacun porte en soi une part de raison gardée. Et bien des folies ne sont que passagères.

La folie se nourrit de notre rapport au monde qui nous entoure, de notre (in)capacité à exister dans le monde tel qu’il est. Chacun aspire à devenir acteur de son existence et à donner un sens à ce qu’il vit. Ne pas comprendre, voilà ce qui dérange.
La figure du fou, cette « inquiétante étrangeté », hante notre imaginaire collectif. Un fou ça crie, ça parle tout seul et ça dérange. D’où cette peur de devenir fou soi-même.

Devenir fou, c’est couper les ponts de toute communication possible.
C’est brûler vif comme un carré de sucre plongé dans un café, sentir qu’on est en train de se noyer puis se désagréger, se dissoudre sans comprendre ce qui nous arrive.

Le temps est la substance dont je suis fait.
Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis le fleuve ;
c’est un tigre qui me dévore, mais je suis le tigre ;
c’est un feu qui me consume, mais je suis le feu.
Jorge Luis Borges.

Généralement, tu deviens un criminel aux yeux du monde le jour où tu passes par la case prison. Dans notre cas, tu deviens fou le jour où tu te réveilles dans un hôpital psychiatrique et que tu commences à prendre des médicaments qui te rendront la vie amère.

C’est souvent au passage de l’adolescence à l’âge adulte que les gens basculent dans la psychiatrie, médecine qui soigne les maladies de l’esprit par les médicaments. Pour ces maladies on parle de soin et non pas de guérison. Les personnes suivies en psychiatrie peuvent se rétablir mais leur sensibilité et fragilités font de leur vie un combat quotidien.

Que faire pour ne pas devenir fou. Lire la suite

La folie Méricourt

Théroigne de Méricourt fut une figure populaire de la révolution française.

Comme toutes les figures féminines de la Révolution, elle connut un destin tragique. Elle échappera à la guillotine mais au printemps 1794, son frère la fait interner et la révolutionnaire passera les 23 dernières années de sa vie à l’asile.

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« T-MAPs: Transformative Mutual Aid Practices »[ESP-ENG]

« Pratiques transformatrices d’entraide mutuelle. », atelier animé par Sascha Altman Du Brul lors du 7ème congrès mondial sur l’entente de voix‬, organisé par Entrevoces.

« MAPEA-T: Mutuo Apoyo y Prácticas Emancipadoras Activistas para la Transformación » (Taller) from Entrevoces on Vimeo.

« Voici l’idée: une grande partie de ce qu’on appelle la ‘maladie mentale’ a trait à la communication‬. Si je peux communiquer comment je me sens à l’intérieur, vous pouvez vous faire une idée de ce qui m’arrive.

J’ulise le langage de la sensibilité pour parler de moi et d’autres personnes ayant des diagnostics en santé mentale. Selon le langage du DSM, j’ai un trouble bipolaire; dans mon langage propre j’ai des dons dangereux que je dois comprendre et traiter avec respect‬. On nous a donné tant de formes de penser sur nous et sur les gens qui nous entourent.
Une des choses les plus puissantes que nous pouvons faire c’est de réécrire nos propres histoires et changer le langage que nous utilisons pour parler de nous-mêmes ». Sascha Altman DuBrul

« Matti a Cottimo – Strategie di sopravvivenza » [IT]

Matti a Cottimo – Strategie di sopravvivenza from torinomadpride on Vimeo.

Chi sono i matti? Che cosa fanno? Come sopravvivono?

Abbiamo visto gente in fase maniacale svuotare cantine in poche ore, schizofrenici dipingere occhi neri come lo spazio. Abbiamo documentato il quotidiano di esseri umani che nonostante le voci nella testa, la paranoia, la depressione, le visioni, le allucinazioni sono ancora in grado di alzarsi la mattina per andare a lavorare in fabbrica, vendere giornali, fare le pulizie, organizzare festival, scrivere canzoni.

Il Torino Mad Pride è un movimento di matti che cerca di interfacciarsi col mondo e con le sue istituzioni nel tentativo di restituire ai matti e alla follia un ruolo attivo nella società.
Documentare questi anni di lotte e fallimenti, che hanno dato vita al progetto di lavoro Matti a Cottimo, ci ha permesso di realizzare un film corale che si confronta faccia a faccia con il confine inesistente della normalità.