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5 avril 2020

Portrait d’Octarine

madame pourquoi
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Comme Octarine, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Illustration: C’est une image de madame pourquoi, parce que je me pose plein de questions, parce que j’appartiens à la génération Y (why), et parce que je ne sais pas qui je suis.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

Le théâtre, la littérature, les personnes empathiques, intelligentes, calmes et bienveillantes, la mer démontée en Bretagne.

J’aspire à un monde plus raisonnable. Qui se préoccupe davantage de la santé et de la culture de ses habitants que du profit. Qui oriente massivement son énergie collective vers des solutions sur des problèmes à long terme.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je n’ai pas un « vrai métier » dans le sens où je travaille très peu et où c’est au black. Je donne des cours de piano.

J’aime la présence des élèves et voir leurs progrès, essayer de trouver des solutions à chaque problème. J’aime donner des cours particuliers car je peux m’adapter à chaque élève.

J’ai suivi des formations (par exemple musique et dyslexie, apprentissage du braille musical), j’essaie d’élargir mon répertoire…

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Il me faudrait un roman. Tout ce que je peux dire, c’est que je suis perturbée depuis la petite enfance, que j’ai été déscolarisée en troisième (1996) et qu’après le lycée j’ai sombré. Ma première TS remonte à décembre 2000 et j’ai été depuis dans le circuit psy avec différents essais.

On m’a refusé un diagnostic que je réclamais sous prétexte que c’était « stigmatisant »… après un immense coup de chance, j’ai enfin trouvé le bon docteur en 2008.

Il m’a diagnostiquée, borderline, et m’a donné des solutions concrètes. Il me suit toujours aujourd’hui.

Donc pour résumer, je pense que c’est globalement un monde de merde mais qu’il existe quand même des gens compétents. Seulement tout le monde n’y a pas accès et c’est profondément injuste.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

J’écris ça en plein confinement et contrairement à la majorité de mes concitoyens, celui-ci ne me dérange absolument pas.

Je donne mes quelques cours par Skype, j’ai des amis au téléphone, mais enfin je n’ai plus la pression des rendez-vous et de mes annulations régulières. Je n’ai plus à faire des calculs d’apothicaire pour savoir quels engagements je peux prendre, pour pouvoir les honorer tous.

En temps normal, mon trouble est sans doute aussi à la source de grandes joies car je suis hyper sensible et peux donc vibrer très intensément sur une musique, à en avoir des frissons et une explosion dans le cerveau, comme un orgasme, pareil au théâtre quand toute une salle partage la même émotion.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Clairement pas. Déjà parce que je suis tellement fatigable, susceptible, je ne peux pas travailler en équipe, etc. Et surtout parce que c’est un domaine si complexe dont je ne connais finalement pas grand-chose en dehors de ma propre expérience.

Je lui demanderais d’avoir la possibilité d’avoir une aide à domicile pour les courses, le ménage, la cuisine, etc car je ne peux rien faire de cela toute seule. Et mon mari le fait franchement comme un adolescent ou jeune étudiant et je me sens honteuse et dégradée de vivre dans cet environnement. Être à l’hôpital c’est pas drôle mais au moins c’est propre et on mange équilibré.

Une association que tu aimerais faire connaître?

AAPEL : Association d’Aide aux Personnes avec un État Limite, borderline ou personnalité limite.

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