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1 octobre 2019

Électrochocs, consentement, et désinformation

Comment parler des travers de la sismothérapie sans braquer le corps médical et sans choquer le grand public?

Lina nous interroge sur ses séquelles de la sismothérapie, méthode de traitement par l’électricité utilisée en psychiatrie pour traiter, non pas les patients résistants comme dans le film Vol au-dessus d’un nid de coucou, mais les dépressions sévères qui résistent au traitement pharmacologique. Ce traitement « de choc » consiste à créer une crise convulsive dans le cerveau, une crise d’épilepsie sous anesthésie. Au-delà de son efficacité médicale contre la dépression sévère, Lina nous invite à réfléchir sur le consentement du patient et la désinformation quant aux risques de cette méthode de traitement.

« Je déclare n’avoir aucune affiliation à la CCDH. » nous précise-t-elle.

En effet, la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) alias Eglise de Scientologie s’empare souvent de ce sujet sensible pour recruter des adeptes parmi les personnes vulnérables.

Électrochocs-et-désinformation

Lien vers le texte en pdf.

2 Comments on “Électrochocs, consentement, et désinformation

Valérie
5 octobre 2019 chez 21 h 33 min

Merci beaucoup de votre article . Moi aussi j’y ai eu droit et j’ai des problèmes de mémoire , de plus en plus d’ailleurs et me concentrer pour réfléchir à un problème , comme les mathématiques ou les mots croisés est une vraie souffrance désormais. On ne m’a pas demandé mon avis et on ne m’a rien dit du tout sur les conséquences possibles. je n’étais pas d’accord non plus, mais je n’ai rien pu faire pour les empêcher de me faire ces séances. je vois que je ne suis pas la seule, cela ne console pas, bien sûr, mais c’est bien de pouvoir partager sa colère. Valérie

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Ghislain Goulet
7 octobre 2019 chez 22 h 00 min

Merci beaucoup pour votre témoignage. Ça ressemble en toutpoint à d’autres témoignages que j’ai entendu. En voici un que j’ai reçu récemment:

Bonjour, je suis une jeune femme de 21 ans. J’ai eu des traitements d’électrochocs il y a 2 ans et je voudrais dénoncer ces techniques de traitements qui m’ont causé plus de problèmes que de bons résultats.
J’étais suivie pour des troubles alimentaires à l’Hôpital Sainte-Justine. À 18 ans on m’a transférée dans un département de troubles alimentaires d’un hôpital psychiatrique.
Le suivi étais très difficile, aussitôt que je sortais de l’hôpital, au gros max trois mois après je rentrais à nouveau à l’hôpital. L’hospitalisation durait une couple de mois puis on me sortait de nouveau de l’hôpital. Puis quand je sortais de l’hôpital je voulais juste reperdre les livres que j’avais pris à l’hôpital.
Parce qu’ils te font prendre du poids tellement vite, on te bourre vraiment en grande quantité tu es gavée, t’as mal au ventre, t’as mal au coeur.
En fait ça tournait en rond, ça allait nul part puis moi je n’étais plus capable de vivre là-dedans, je déprimais.
En plus, j’étais médicamenté, je prenais des anxiolytiques, puis ils ont essayé les antidépresseurs. Après les avoir tous essayé, le psychiatre m’a dit « c’est ton dernier choix, ce sont des électrochocs ».
Ne connaissant pas ce traitement à l’époque, j’ai accepté et j’ai signé le papier de consentement.
D’autant plus que le personnel me disait « oui c’est une bonne technique », on me disait aussi « c’est vraiment bon pour la dépression, les gens s’en sortent avec cela » on me disait « tu vas voir c’est très efficace » on m’a même dit que probablement j’oublierais que je suis anorexique.
Bref, ils m’ont fait plusieurs séances d’électrochocs, plus que la normale qu’on m’a dit.
Je me souviens, je rentrais dans une salle, genre une salle d’attente, ils me mettaient sur une civière, j’attendais là un petit bout, personne ne me parlait, un moment donné le monsieur venait me chercher, c’était un médecin qui venait pour m’endormir, c’était la même chose à chaque fois, il m’amenait dans la salle, il me mettait quelque chose dans la bouche, il me mettait des « trucs » sur les doigts, là il me disait juste je vais t’endormir, puis je finissais par me réveiller dans la salle de réveil.
Au réveil, j’avais des maux de tête tout le temps, j’étais perdue. Je ne comprends pas comment, en provoquant une convulsion au cerveau, ça puisse régler quelque chose dans le cerveau, non je ne comprends vraiment pas.
Finalement, les traitements n’ont pas fonctionné, j’étais dans le même état à la fin des traitements que je l’étais au tout début. Pire, comme les électrochocs ne fonctionnaient pas on s’est acharné sur moi on a continué à m’en donner.
J’ai eu de très grandes pertes de mémoire. Les médecins m’ont dit qu’après maximum 6 mois, ma mémoire reviendrait et que tout reviendrait à la normale…. Ça fait maintenant un peu plus que 2 ans et ma mémoire ne fait que continuer à se détériorer. Avant ces traitements, j’avais 85% et plus dans tous mes cours au secondaire et au CEGEP, je ne réussis même plus à avoir 60%… J’ai passé un test de mémoire et ils m’ont dit que j’avais une capacité intellectuelle inférieure à la moyenne et que cela n’avait aucun rapport avec les traitements d’ECT reçus
Pourtant, j’avais de super bonnes notes avant, j’aidais tous mes amis en difficulté à l’école et j’étais considérée très intelligente par tous les gens qui me côtoient. Je ne suis maintenant pas capable de poursuivre mes études et ça me décourage plus qu’autre chose, quant au fond, les traitements étaient censés m’aider à vivre mieux.
De plus, ces traitements m’ont rendu épileptique. Pourtant, sur la feuille de consentement, rien ne mentionnait que cela était possible. Mon médecin me disait que ce n’était pas de l’épilepsie, mais que je faisais de la déréalisation. Je savais bien que ce n’était pas ça, donc j’ai consulté un neurologue et avec les tests qu’il m’a fait passer, il a bien vu que c’était de l’épilepsie. Il a aussi confirmé que c’était très probablement les électrochocs qui m’avaient causé cela, car devenir épileptique à mon âge n’est pas habituel.
En conclusion, je déconseille ce traitement à tout le monde. Oui les médecins nous disent que c’est efficace et que ça va régler tous nos problèmes, mais j’ai bien compris que rien de tout ça n’était vrai.
Maintenant je fais de l’épilepsie et j’ai de gros problèmes de mémoire, j’ai de la difficulté à fonctionner et j’ai toujours des suivis en psychiatrie. Alors, les électrochocs ont définitivement fait plus de tort que de bien.

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