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16 octobre 2016

Portrait du Psy de « Confidences de Psy »

confidences de psyComme l’auteur du blog Confidences de Psy, fais-toi tirer le portrait par Comme des Fous en répondant à ces 5 questions. 

Découvrir son blog: Confidences de Psy ou le quotidien d’un Jeune Psychiatre

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

La musique en général et le rythme en particulier sont pour moi mes principales sources d’inspiration. La musique, car elle est une formidable ambassadrice de la vie émotionnelle. Elle nous rappelle au présent quand on s’échappe dans nos pensées, et génère des émotions comme la joie, la tristesse, la surprise, la colère, la peur et parfois même le dégoût ! Le rythme contribue aussi à porter notre attention sur notre environnement présent. Il me permet, avec le sens de l’audition, de lire le présent dans une dimension différente que simplement par la vision. Enfin, une autre grande source d’inspiration, je dirais mes patients. Toutes ces personnes qui, malgré leur souffrance, arrivent (parfois) à demander de l’aide. Toutes ces personnes qui, sans le vouloir, sont des ambassadeurs de la tolérance, de la différence, en restant vivants et en tentant par tous les moyens de continuer à exister dans notre société. Des personnes qui se trouvent souvent avoir de grandes capacités de création, et une force mentale à toute épreuve.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Je dirais qu’être psychiatre, c’est apprendre le métier de la chirurgie du lien humain. Mais à la différence des chirurgiens, nous n’utilisons pas nos mains mais plutôt notre cœur et notre esprit. J’aime plus que tout ce métier parce qu’il nous oblige à vivre avec nos émotions, avec l’autre, de les partager, de les remettre au premier plan, pour contribuer à instaurer un lien de confiance avec l’autre. J’aime ce métier parce qu’il faut prendre des risques, pour soi mais aussi pour nos patients, et avec eux. Prendre le risque d’inventer avec notre patient des soins plus personnalisés, prendre le risque de faire quelque chose qui ne sera pas forcément compris par la société, mais qui apportera un bénéfice important à tous. On se retrouve parfois à avoir l’impression d’agir dans l’ombre, sur des micro-détails symboliques qui ont souvent toute leur importance, mais qui ne sont pas forcément reconnus comme tels.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

Le monde de la santé mentale est extrêmement hétérogène. C’est cet aspect qui me faisait peur au départ, notamment dans l’offre de soins. Mais en réalité ce sont mes patients qui m’ont appris à voir cette hétérogénéité comme une richesse de développement. Si ce monde est en plein essor, en terme de communication mais aussi de recherche, c’est aussi parce qu’il attire plus souvent des personnes curieuses et ouvertes d’esprit, plutôt que des personnes plus dogmatiques et conservatrices. Finalement, la santé mentale s’appuie sur les théories de l’évolution pour elle aussi évoluer.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Le mot « folie » me dérange toujours autant. Notamment parce qu’on ne l’utilise que rarement dans le monde des soins. Et lorsqu’il ressort, c’est quand un patient nous fait peur, ou nous rend impuissant dans ce qu’on peut lui proposer comme accompagnement. Le mot « folie » permet d’exclure pour ne pas voir ce qui fait peur, pour ne pas avoir à comprendre la différence de l’autre. Et c’est vrai que parfois on ne peut pas comprendre l’autre. Parce qu’il sort trop de nos standards. Pourtant, beaucoup de ces personnes qui ont des modes de pensée qui sont reconnus par la société comme « déviants » ont aussi beaucoup de qualité, notamment parce qu’elles voient le monde autrement. Et si on y réfléchit mieux, c’est ce qu’on demande à la recherche et l’innovation. Comment un problème peut être perçu différemment, pour trouver une solution innovante. La Folie a donc cela de positif qu’elle permet un regard nouveau sur les objets de notre environnement.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

J’ai trop peur d’être déçu par les qualités humaines des personnes qui contribuent à la vie politique pour vouloir devenir ministre parmi d’autres ministres. Ce que je lui demanderais, c’est d’abord de venir vivre au milieu des soignants, au milieu des patients, de découvrir le quotidien des usagers des soins en santé mentale, avant de tenter d’élaborer un quelconque plan d’innovation. On ne peut bouger/modeler un objet si on ne sait pas à quoi il ressemble. Et à l’instar de ce que les soignants en santé mentale tentent de faire au quotidien, à savoir observer le tableau de vie du sujet en souffrance suffisamment en détails pour être capable de rentrer dans ce tableau et voir ce que voit ce sujet pour mieux l’accompagner, je souhaite que ce ministre prenne le temps d’observer, d’écouter et faire confiance à ceux qui vivent ce quotidien, pour prendre des décisions optimales.

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