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25 juin 2016

« Les Maîtres Fous », documentaire de Jean Rouch (1956)

Merci à Amina Chaa pour cet article!

Le film débute par un avertissement de la part du réalisateur. « Sans concession ni dissimulation » La cruauté et la violence de certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs, cependant Jean Rouch souhaitait les faire participer complètement au rituel de possession, qui montre indirectement comment certains africains se représentaient notre civilisation occidentale à l’époque de la colonisation.

« Et en voyant ces visages souriants, en apprenant que ces hommes sont peut être les meilleurs ouvriers de l’équipe des WaterWork, en comparant ces visages avec ces visages horribles de la veille, on ne peut s’empêcher de se demander si ces hommes d’Afrique ne connaissent pas certains remèdes qui leur permettent de ne pas être des anormaux, mais d’être parfaitement intégrés à leur milieu, des remèdes que nous, nous ne connaissons pas encore. » Jean Rouch

Ces quelques mots mènent inévitablement à une reconsidération de ces hommes, eux que l’on pourrait penser fous. Ils sont parvenu à trouver le moyen de vivre, malgré eux, avec les européens. Ils ont su accorder les techniques nouvelles venue bouleverser leur quotidien et les survivances de leur tradition. Ces possessions annuelles leurs permettent, un temps, de sortir de leur état de soumission, de frustration, pour être les seuls maitres, fous ou non, de leurs vies. Ils sortent de la norme, le temps d’une journée, mettant leurs corps et leurs esprits à l’épreuve. Une fois pas ans ces hommes perdent leurs esprits, accueillent en eux les nouveaux Dieux, ce qui leur permet, le reste de l’année, d’être intégré à un milieu qu’on leur impose.

Source : Les Maitres Fous, de Jean Rouch

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