Suis-je un parasite? — Insomnies solitaires d’un schizophrène

Quelle place peut-on sérieusement accorder à un type qui n’a que le BEPC, jamais travaillé de sa vie, qui a un trou de sept ans dans le CV et qui est schizophrène, sensible au stress au point de perdre le sommeil pour une proposition de visite aux bords de Loire ?

Oui, vous ça vous paraît peut-être ridicule comme question. Probablement que vous êtes les premiers à vous dire que laisser une personne pareille travailler, c’est courir à la catastrophe pour sa santé, sans compter que c’est manquer de solidarité. […]

via Le parasite néolibéral au cœur de mon âme n’est plus… — Insomnies solitaires d’un schizophrène
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Working First 13, un accompagnement vers et dans l’emploi

Les personnes revendiquent souvent, quand elles vivent à la rue et encore plus quand elles ont eu accès à un chez soi, la volonté de travailler.

Elles veulent toutefois travailler en milieu ordinaire et refusent le plus souvent les dispositifs de travail en milieu protégé.

A Marseille, l’équipe MARSS (Mouvement et Action pour le Rétablissement Sanitaire et Social), avec l’équipe de réhabilitation du Pr Christophe Lançon et l’association HAS (Habitat Alternatif Social), en se basant sur un modèle développé aux Etats-Unis dans les années 70, a participé à la mise en place d’une équipe d’accompagnement à l’insertion professionnelle pour des personnes vivant avec un trouble psychiatrique sévère.

Cette équipe, appelée Working First 13, propose depuis fin 2014, un accompagnement vers et dans l’emploi sans limite de durée.

Fais un effort !

Merci à AliénorD pour cet article!

« Ma seule façon de me défendre fût longtemps d’embrasser les jugements que l’on me portait. Hé bien oui ! ma foi, je suis une fainéante, je profite joyeusement du système, de mes parents, de tout le monde, et j’en ri avec mes amis fainéants autour de l’alcool que l’on s’est acheté avec notre butin. (…)

Cela n’a pas duré, et ce pour trois raisons. D’abord, parce que je n’étais pas inactive. Il est difficile de se prétendre absolument fainéante lorsqu’on lit une petite dizaine de livres par mois, que l’on suit l’actualité, que l’on critique des films, que l’on participe à des manifestations, que l’on fait du bénévolat, etc. Je trahissais mon personnage. Problème.

Ensuite, parce que le discours autour de moi me revenait sans cesse à la figure, et j’avais du mal à l’ignorer. De ma famille au contrôleur de l’ONEM, on surveillait mes mouvements, on évaluait l’effort, on me faisait remarquer régulièrement que je percevais un argent indu (j’étaisbénéficiaire d’une allocation), bref, que j’étais un parasite.

Et enfin, parce qu’au fond, j’avais envie de faire quelque chose. Je ne pouvais donc pas être une fainéante. »

Source : Fais un effort !

Les impacts des maladies psy dans le travail

Quels sont les impacts des troubles psychiques dans le travail?
Il est admis que chez une personne souffrant de troubles psychiques:

Les capacités intellectuelles sont le plus souvent conservées mais utilisables de manière variable.

Comment cela se traduit concrètement?
Voici un extrait de la rubrique maladies psychiques du site maladie-chronique-travail.eu, où il est question des difficultés que peuvent éprouver les personnes concernées, pour créer un environnement de travail propice à l’expression de leurs compétences et à leur aguerrissement.

La maladie ou les traitements peuvent avoir des impacts dans le travail :

  • Des impacts cognitifs :
    • Troubles de la concentration et mémorisation des consignes
    • Troubles de la concentration et de l’attention
    • Difficultés à anticiper, planifier

D’où l’importance de donner des consignes claires, éventuellement avec un support (fiches, supports informatiques), de reformuler, …

  • Des difficultés dans la réalisation du travail :
    • Lenteur d’exécution
    • Fatigabilité
    • Difficultés à mobiliser ses capacités

D’où l’importance de prendre en compte le rythme propre de la personne (en particulier pendant les phases d’adaptation), adaptation des horaires, temps partiel, éviter les changements de postes trop fréquents.

  • Des difficultés de communication :
    • Stress
    • Trouble de la gestion de vie émotionnelle

D’où la nécessité de soutien pour entreprendre de nouvelles tâches, de mise en confiance.

  • Des difficultés sociales :
    • Retard
    • Aspect vestimentaire

D’où la nécessité pour certaines personnes de travailler sur les codes sociaux, les difficultés de  la vie quotidienne en ayant un suivi à l’extérieur de l’entreprise

Employeurs et collègues sont souvent au courant (sans connaître précisément le diagnostic), mais se trouvent démunis (méconnaissance de l’attitude à observer ), ce qui peut entraîner un phénomène de stigmatisation, d’où l’importance d’informer l’ensemble du service et de prévoir un accompagnement (tuteur, collègue).

Le soutien à l’emploi (ou les pratiques de « job coaching ») : une nouvelle stratégie d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique

Par Bernard Pachoud et Christophe Allemand.

Résumé: Alors que les pratiques traditionnelles de réadaptation au travail et d’aide à la réinsertion font preuve d’une efficacité modeste en termes d’insertion dans l’emploi, en particulier dans un marché de l’emploi tendu, les pratiques dites de « soutien à l’emploi » (supported employment) ou de « job coaching » suscitent l’intérêt en raison de leur bien meilleure efficacité en termes d’accès à l’emploi, selon les résultats convergents de nombreuses études. Elles reposent sur la stratégie du «Place and train», insérer d’abord puis former et soutenir dans le cadre de l’activité de travail, ces différentes tâches étant assurées dans la durée par une même personne, le job coach. À partir des données de la littérature concernant ce type de pratiques, nous nous interrogerons sur les ressorts de son efficacité et les possibilités de sa mise en œuvre en France. Lire la suite