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17 mars 2017

Et si le meilleur accompagnateur était un pair?

pair aidant

La philosophe Hannah Arendt disait que « comprendre, c’est se réconcilier avec le monde ». Comprendre un phénomène qui nous dépasse, se réconcilier avec lui, pour  agir de façon constructive et le faire évoluer. Cette démarche met bien en lumière les enjeux soulevés par le handicap psychique dans le monde professionnel.

Les entreprises sont souvent démunies pour accompagner des salariés concernés. Dans le même temps, les personnes qui y sont confrontées ont beaucoup de mal à en parler. La crainte de voir sa crédibilité et ses capacités remises en cause est forte. Le terme handicap psychique  soulève encore plus de questions qu’il n’apporte d’éléments de compréhension.

Comment distinguer la souffrance de la maladie psychique proprement dite ? Quelle est la différence entre le burn-out, la dépression, les troubles anxieux et la bipolarité ? Quelle est la frontière entre le handicap psychique et les risques psychosociaux ? Où commence le rôle de l’entreprise et où s’arrête-t-il ? Comment aider un salarié à se maintenir dans l’emploi ? Pourquoi prendre le risque d’insérer des personnes potentiellement fragiles dans l’entreprise ?

Les questions et les incompréhensions demeurent. Mais avec une personne sur cinq susceptible d’être touchée par un trouble psychique pendant sa vie professionnelle, c’est un enjeu qui ne peut plus être négligé.

… Pour mettre en place l’accompagnement par un pair.
Les premières étapes sont celles de la sensibilisation et de la formation. Il ne s’agit pas de « former pour former », mais bien de créer les conditions nécessaires à la mise en place d’actions constructives. Les préjugés, la peur et les idées reçues sont un obstacle au dialogue. Or le dialogue est la condition préalable à la mise en place de solutions réalistes.

D’après l’enquête du Cabinet Ariane Conseil sur la qualité de vie au travail, la possibilité pour un travailleur en situation de handicap, de partager avec son entourage professionnel sa situation, favorise une meilleure qualité de vie au travail. Rares sont les personnes qui souffrent de handicap psychique qui bénéficient de cette possibilité.

Pourtant le dialogue fait gagner du temps. Surtout s’il intègre l’intervention d’un pair. C’est à dire d’une personne qui a traversé une période de difficulté psychique et qui a su trouver des solutions pour se stabiliser dans sa vie personnelle et professionnelle. Les personnes de ce type existent dans les entreprises, mais elles se font rarement connaître par crainte d’être stigmatisées. Pourtant plus que les autres, elles sont capables de prendre part à l’accompagnement de salariés en souffrance. Pour les aider à sortir du déni, à mettre des mots sur leurs difficultés et contribuer à accélérer leur prise en charge.

En face du pair, celui qui souffre se sent compris. Il est plus en confiance pour parler de ce qu’il traverse. Parallèlement, l’expérience de celui qui a su affronter ses difficultés est mise à profit et valorisée. C’est un cercle vertueux, porteur d’espoir, de respect et de solutions. Il peut valoir pour tous les types de handicaps. Mais pour le mettre en place, il faut faire reculer les préjugés qui sont à l’origine de la peur de parler.

source : http://www.arianeconseil.fr/2015/12/meilleur-accompagnateur-etait-pair/

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