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9 mars 2017

De la psychothérapie institutionnelle en général et de ses dérives en particulier

Merci à Virginie pour cette contribution.

psychothérapie institutionnelle

« Qui est fou, les patients ou nous (les enfants ou les adultes) ?»
Ferenczi

« Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît…Je prends constamment appui sur le sol de l’enfance, c’est de là que j’avance avec le plus de certitude. Il importe de retrouver les cailloux que l’enfance a laissés, eux seuls permettent de ne pas s’égarer dans les dédales de la vie adulte. »
François Tosquelles

« Je n’ai point d’espoir de sortir par moi de ma solitude. La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose que pierre.
Mais de collaborer, elle s’assemble et devient temple.
Citadelle, je te bâtirai dans le cœur de l’homme. »
Saint Exupéry

Chers professionnels, sans distinction de corps, grade, échelon, statut, fonction, sexe (enfin si peut-être, parce que le club c’est masculin, la psychothérapie institutionnelle mixte et l’institution féminin ?), etc. etc.

Pourquoi définir les soignés par leurs modalités de transfert (quid de votre propre éclatement intra et extra-sectoriel ?) au risque de nous limiter au pathologique, au négatif, aux agressions, à l’étranger en nous ? Nous ne sommes pas que Ça.

Nous vous ressemblons beaucoup plus que la plupart d’entre vous ne sont prêts à l’admettre. C’est l’acceptation de leur ressemblance avec les patients qui devrait être travaillée par les soignants, la différence c’est simplement ce qui vous permet de nous rencontrer. Ne nous demandez plus d’être des incarnations de la folie (accueillez la vôtre), des rejetés, des schizophrènes aux multiples potentialités, des autistes couverts, des catatoniques remuants, des créatifs, etc… Vos préjugés sont autant d’entraves à notre réalité.

La blouse, c’est dans la tête qu’il importe de ne pas l’avoir. Et ne nous mettez plus en pyjama. Nous ne sommes ni des bagnards, ni des déportés, ni vos prisonniers. Le pyjama déshumanise et humilie, il change le regard des visiteurs et continue à coller à la peau longtemps après l’avoir quitté.

Vos Clubs thérapeutiques peuvent permettre de satisfaire des besoins affectifs et d’appartenance. Est-ce leur rôle ? Le vôtre ? La pratique de la psychothérapie institutionnelle, ça évoque parfois plus de l’incestuel qu’un espace de transition.

Les clubs rendent particulièrement lisibles aux soignés les désirs des soignants qui y participent. Internet et les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Les clubs thérapeutiques ressemblent trop aux professionnels.

Aujourd’hui ils s’hipstérisent (cf.de « hipster » / bohème néo-libéral). Fini la résistance, l’art, la philosophie, mai 68, les textes inédits, la réflexion, la remise en cause permanente…vive les certitudes, les reprises, les jugements, le cinéma d’auteur et les légumes bio de l’AMAP.

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