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3 avril 2019

« Ma schizophrénie, génétique et stérilité »

Bonjour, je suis vraiment très heureuse que mon premier article intitulé : Ma schizophrénie, mon sevrage, ait autant été lu et partagé. Cela fait chaud au cœur dans ce combat titanesque : vivre la psychose.

Mon témoignage est celui d’une femme qui passa sa vie sous traitement alors que d’autres solutions, dont on commence un peu à parler, existent.

Pour moi, il est trop tard, j’ai 61 ans, mais que ma descente « aux enfers » puisse aider à en remonter un témoignage, oui, je le souhaite, et ainsi je reste en vie.

Je cite parfois la notion d’intangible, d’abstrait. Oui. J’aurai peut être la possibilité de développer davantage ces éléments essentiels, et au cœur même du sujet.

Je témoigne peut-être parfois maladroitement, mais tout mon vécu, mon ressenti, ont comme intention humaniste, de sortir de l’ornière, la façon de voir, de définir, de « traiter » (comme on traite de mauvaises herbes dans un jardin) la schizophrénie.

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de colère, dans mes témoignages, et elle me semble légitime, mais il y a surtout aussi un vœu que des solutions autres soient trouvées, comprises. 

Pour ma part, le sevrage m’en fait voir la sortie, mais je suis vigilante, et si je sais me voir, c’est aussi parce que j’ai pris le risque de diminuer le traitement. Je suis devenue responsable de mon amélioration, et cette conscience, prémisse de guérison, ne se serait pas produite si j’étais restée soumise à la médecine qui, malgré son utilité, a ses limites, commet des erreurs. Ou refuse les remises en question.

Oui, la psychose, ce sont les douleurs, tortures, psychologiques (sons ou paroles allant jusque dans l’ultra-son donc l’insoutenable, les harcèlements, les ordres auxquels il nous est impossible de désobéir) qui peuvent faire hurler. Et sans cesse le regard de la société, prête à assommer de son œil noir l’ être qui n’entre pas dans le rang, ou qui se fait trop remarquer.

L’être qui souffre aussi.

L’entourage, même mu par le souhait ardent de bien faire, et aimant soit le frère, la sœur, l’enfant (mais « anormal ») cet entourage s’égare aussi par maladresse, par déni, et insulte parfois, délibérément, rejette ce fruit non-conforme aux calibres en vigueur, ce fruit sur lequel avaient été fondés tant d’espoirs, de projections d’ego, et qui s’avère avoir échoué dans sa forme

Un regard peut être un long langage, de rejet, malgré l’envie d’aimer.

Dans nos sociétés occidentales, modernes, le premier réflexe, devant un être perdu, exalté, ne répondant pas aux comportements lissés, appris, discrets, dits » cohérents » , est de faire appel systématiquement à la psychiatrie, donc aux médicaments, à la piqûre intrusive, voire à la force, la contention. Exista aussi la lobotomie. L’électrochoc.

Je poursuis volontiers, non sans amertume et tristesse (deux euphémismes), sur un terrain aussi très glissant, mais couramment emprunté de pied ferme : la stérilisation des malades mentaux, ou toute autre population présentant une « imperfection », ou une identité précise,

Lors de la Seconde Guerre mondiale, sous le régime nazi, les malades mentaux furent les premiers à être stérilisés, étant un poids lourd sur les épaules du pays désireux de ne compter que des êtres, des fruits, sains, beaux, vigoureux.

Puis l’assassinat, par les gaz.

Les gaz qui servirent à l’extermination des personnes juives, furent tout d’abord expérimentés sur les malades mentaux. Dont les schizophrènes.

Je suis une malade mentale, une schizophrène, qui aurait été stérilisée, gazée, car considérée, comme beaucoup de mes frères et sœurs schizophrènes, un coût, parce qu’inapte, imparfaite, tarée. On m’a déjà qualifiée plusieurs fois de « tarée », et autres poésies, qui suffisent à ne plus avoir envie de lutter, tant ils sont abjectes, et poussent vers la sortie.

Bien d’autres populations, qualifiées inférieures, furent stérilisées aussi, telles les Amérindiennes.

Stérilisées, par des médecins normaux.

Les politiques de luttes contre la pauvreté pratiquent et ont pratiqué ces méthodes, de stérilisation. Mais comment, déjà, ces pays ont-ils basculé vers cette pauvreté ?

Comment en est-on arrivés là ? Et jusqu’où va-t-on aller ? 

L’on m’a donné force antipsychotiques, pendant toute ma jeunesse et ma vie de femme. Je n’ai jamais été enceinte. Ces médicaments font efficacement effet contraceptif.

Je me suis documentée sur la composition, et les conséquences des substances contenues dans ces comprimés, que nous sommes obligés de prendre bien gentiment, à vie. Contester les décisions des spécialistes, de plus, est très mal toléré, la plupart du temps. 

Ces substances, bloquent, pour beaucoup, le processus de fécondation et entraînent donc une stérilité, ou un risque d’être stérile.

Ajoutons aussi que la molécule d’origine des antipsychotiques, est la Phénothiazine, composant des pesticides.

Le neuropsychiatre, qui m’a « traitée » en tout début de psychose, savait-il que ces traitements, à vie, allaient me rendre stérile, ou jouer sur ma fertilité ?  Ou ces molécules, nocives, risquaient-elles, elles, de rendre anormal un enfant ? Si oui, pourquoi ne pas en avoir parlé ? A-t-il été question de ce sujet avec ma famille ? Qui suis-je donc, ou que suis-je donc, pour avoir été ainsi mise hors circuit ?

Si j’avais demandé à être mère, désiré une grossesse, que m’aurait-on répondu ? 

Les molécules diminuent-elles l’envie de grossesse ? Ou désinhibent-t-elles ?

Mais si l’on avait pensé très fort que je pouvais avoir un enfant malade mentale, comme moi, j’aurais répondu : « Et alors ?! »

J’en suis une, où est le problème ? Je ne dois pas me reproduire pourquoi ? Afin de préserver la Terre ? Afin de la protéger contre la violence, ou le déséquilibre des malades mentaux comme moi ?

Les mots que vous lisez-là sous ma plume, sont-ils bel et bien ceux d’une dégénérée ?

Une Terre massacrée, oui, par des personnes normales !

Se rend-on compte, lorsqu’on cherche à tout prix une origine cérébrale ou génétique, à la schizophrénie, de ce qu’il se produirait, si l’on trouvait :« la -moindre -trace -de -peut -être -une -possibilité -que -sans -doute- au- vu- de,- un -fœtus -peut- développer -une -schizophrénie ,- mais -sans -en -être -certain ?, Il va se produire le rejet de cet enfant, et les avortements.

L’avortement est un droit, oui, et s’avère parfois vital, nécessaire.

Mais jusqu’où va-t-on aller, et se laisser conduire au nom de « preuves » d’anormalités, dans une société qui encourage aussi : la performance, le résultat, l’efficacité, le champion, le parfait, le rectiligne ?

La personne que je suis et qui est en tain de vous écrire, pseudo Keridwen, serait sans doute passée aux oubliettes, si un diagnostique existant de schizophrénie avait été détecté lors de la gestation. 

Mais il est vrai aussi que cette solution radicale, ne permettrait pas l’exploitation, longue en recherches, et la vente de nouvelles molécules. Et longue va être la recherche de la panacée qui « guérira » la schizophrénie, car cette panacée chimique n’existe pas.

Toute molécule colmatera, chronicisera, faussera, mais jamais rien de chimique ne conviendra.

Remettre en question la notion de réel, cela oui, fera avancer et nous aidera. Mais la chimie, jamais. Cette dernière détruira le cerveau, mais ne permettra aucune sortie de psychose. Au contraire, elle l’enfoncera.

La médication peut être un début de solution, mais ensuite, la parole, l’écoute, l’expulsion des poisons de la psyché… Oui… par les mots…

Cela existe déjà, et fait ses preuves, un procédé humain, naturel. Le dialogue.

Rassembler les pièces du puzzle éclaté, oui, est un dur labeur. Mais lorsqu’on y parvient et l’on en sort ; on discerne toutes les fausses routes prises, Qui mènent à un sacrifice de personnes schizophrènes aussi à venir, si rien ne change.

Un remarquable constat, à mes yeux, est l’acharnement des scientifiques, de vouloir absolument trouver une cause génétique, je me répète, à ce qui est une crise existentielle.

Des traces spécifiques sont, dit-on, repérées dans des cerveaux de schizophrènes, mais ce sont des conséquences, et les séquelles des traitements, lourds, que l’on détecte-là, et non les preuves d’une maladie qui aurait été là avant.

D’autre part, la schizophrénie, telle que je l’ai vécue intérieurement, au plus profond des crises, me plongeait surtout dans un état modifié de conscience, une transe. Tout comme dans un état de méditation, lequel est, certes plus paisible, mais de même nature à transformer le fonctionnement cérébral.

La « folle « comme on se plut parfois à me qualifier…

La folie, n’est-elle pas nécessaire à un équilibre ?

La Terre, et les personnes normales, survivraient-elles et tiendraient-elles debout sans les malades mentaux ?

La santé mentale coûte cher, est-il souvent émis !

Je suis désolée de vous coûter aussi cher, alors que ma tête penchée est aussi cohérente que notre planète, penchée aussi, et sans laquelle, lesquelles, personne ne serait en vie.

KERIDWEN

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