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12 décembre 2019

« J’ai épousé Dieu, l’Art et les Couleurs »

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Je voudrais me présenter sous le nom de Midori, un peu comme le chant d’un oiseau violent et fragile qui vole en s’accrochant à un nuage. Cela veut dire verdure en japonais. Ça se prononce Midoli.

J’ai toujours aimé me nommer autrement, comme pour affirmer ma véritable identité, dans toute sa profondeur abyssale et sa noirceur terrible et obscure.

J’ai décidé d’écrire ce témoignage, sur les trois plus belles choses qui m’ont sauvée et ont fait sublimer une souffrance psychique abominable et tortionnaire : Dieu, l’Art et les Couleurs.

Pour décrire un peu mon parcours et mon identité, je le décrirais comme une grande danse chaotique, depuis l’enfance.

Tenues totalement extravagantes.

Imaginaire totalement déluré, délirant, impressionnant et loufoque allant pratiquement jusqu’à la véritable folie.

Comportements loufoques comme courir d’une pièce à une autre en grimaçant avec des gestes étranges pour exprimer mes pensées.

Tiraillements et crises existentielles avec des réflexions philosophiques tordues et profondes.

Difficultés avec l’autorité.

Des viols et des maltraitances graves subis dont du harcèlement scolaire.

Des phobies alimentaires, obsessions et fantasmes très étranges et incongrus allant avec des comportements inédits.

Crises de rage, de psychose, violences et manipulations à l’égard de mes proches ou autres.

Angoisses.

Puis de nombreuses hospitalisations, qui ont souvent été un échec.

Tendances à consommer des drogues dures (médicaments antidouleurs antalgiques et calmants type Valium, Xanax à haute dose) avec plusieurs overdoses.

Addictions diverses.

Je suis diagnostiquée personnalité limite.

Si je suis encore là aujourd’hui pour témoigner, c’est grâce à quelque chose de puissant, ou plutôt plusieurs éléments extatiques et transcendants.

J’ai épousé Dieu, l’Art et les Couleurs, ce qui m’a sauvée d’une mort sûrement promise, si je n’avais pas rencontré tous ces phénomènes.

Pour parler de Dieu en premier.

Toute ma vie, je hurlais, incomprise.
Entres les murs blancs et blafards, fardés de couleur banquise.
Sur un banc céleste, à l’ouest du monde.
J’ai rencontré Dieu, non loin de l’immonde.

Déjà, pour mettre les points sur les i.

Je pense profondément être anarchiste.

Cela n’est pas un « oxymore » ou une impossibilité car ces concept imposés sont pour moi une construction ultra sociétale.

Après toutes ces hospitalisations et ces sentiments de mal-être extrême me rongeant la poitrine et les os, je suis allée vers ce que j’appelle une transe pieuse et spirituelle.

Dans un monde où l’on me rejetait car psychiatrisée et extrêmement neuroatypique, travesti par périodes car non binaire, femme, ronde voire grosse avec des cheveux de métisse malgré ma peau blanche, je me suis sentie proche d’un être que je trouve punk, extrêmement touchant et puant comme sacré.

Puant, dans le sens d’un clochard qui est mal vu par la société mais qui resplendit de l’âme et du cœur par exemple.

J’ai commencé à renaître, à me rapprocher des marginaux, tout cela grâce au Christ et à des ressentis animistes, sans institution ni dogmes, à l’opposé total du traditionalisme de droite.

J’ai réalisé que Dieu était de notre côté, à nous les fous.

Et justement, cela peut paraître fou, mais en tant que femme très féministe et progressiste, peut-être même anarchiste, avec ce Dieu sans dogmes ni autorité sévères, j’ai décidé de porter un foulard pour le Christ, de me couvrir les cheveux, comme je me travestis en homme par d’autres périodes.

Je le vis comme un.e bipolaire ressent ses phases, mais désormais bien plus sereinement.

Pas besoin d’être traditionaliste, « soumise », « folle », nonne, musulmane ou je ne sais quelles suppositions encore, pour le porter.

Je suis une chrétienne totalement excentrique, barrée, anarchiste, prude comme parfois délurée.

Je n’ai pas besoin d’être psychiatrisée jusque là, non merci.

J’ai une personnalité comme tout le monde, plus affirmée et atypique, c’est sûr, mais c’est mieux que d’avoir un caractère de chemise à boutons sous un fer à repasser.

J’ai senti le besoin d’épouser à ma manière Dieu, qui est du côté des fous/folles mais également pour plusieurs autres raisons plus personnelles, que je ne dévoilerai pas ici.

Pour parler des Couleurs et de l’Art.

Je ne me suis pas suicidée grâce à la peinture. Elle me permet de crier des souffrances insaisissables que je ne peux pas exprimer par écrit, soit par pudeur soit parce que souvent, ce sont des maux qui ne peuvent pas s’expliquer avec des mots, ni même quelques pensées évanescentes.

J’ai commencé à peindre pour ne pas me tuer, mais j’ai écrit depuis toujours pour apprendre à exister.

J’écris pour ne pas m’enfermer avec les monstres tranchants et immondes qui sont en mon être et qui me mordent et m’arrachent les tripes car j’ai trop de retenue pour parler en profondeur de ma souffrance sans la poésie ou l’art.

J’écris pour ne pas m’étouffer dans l’oxygène oxymore d’un cercueil, dans lequel je serais enterrée vivante si je ne pouvais pas créer.

Je danse aussi, pour me sentir femme, violente, garçon, chaste, sainte, sexuelle, immorale, céleste.

Pour exprimer des années de cris enfouis.

Peindre les couleurs avec mes gestes musicaux.

J’aime créer des personnages de théâtre, parfois atroces ou totalement comiques et loufoques.

Les Couleurs.

Elles expriment sans cesse ce que je suis ou ne suis pas.

Elles ont une symbolique extrêmement puissante pour moi et me déchirent le cœur de bonheur immense.

Violet, symbole spirituel et totalement immatériel, que j’aime passionnément mais qui me fait parfois plus peur que la mort.

Jaune, lumière des fous.

Orange, flamme impétueuse et explosion divine.

Bleu, couleur de la banalité et de la mélancolie, pleine de spleen qui se pend au cou de son propre azur.

Je vois des couleurs partout, dans les villes, dans la nature, dans l’âme des enfants, des petits, des grands, des animaux et des marginaux splendides ou putrides.

Mes couleurs préférées depuis que j’ai véritablement grandi et que je me suis mise à renaître de travers, sont le vert et le orange.

Ma couleur d’enfance était le rose et il y a aussi eu le jaune et toutes les autres couleurs par fluctuations.

Le rouge est ma passion, ma destruction et je l’aime comme je le hais sans demi-mesure.

Pour revenir au sujet, je m’habille souvent totalement en monochrome vert, d’ailleurs.

Vert comme la puanteur splendide et divine de Dieu.

Vert comme Gaïa et les farfadets.

Orange comme ce qui dérange mais qui continue à exister en brillant à jamais.

Vert Nature, vert pur sans parure.

Vert comme nous les aliens, petits hommes et femmes verts bien trop terrestres ou terriens, trop ovni.

Avec un pied ancré dans la Terre et l’autre dans les étoiles.

Mais toujours là à se battre infiniment pour avoir le droit d’exister.

Vert de la timbrée merveilleuse ou du désaxé virtuose grandiose qui est et reste Humain ou Humaine à travers la nature et l’oxygène d’un arbre qui fait battre son petit cœur.

Orange comme nos cœurs épicés et nos explosions créatrices célestes.

Orange comme la fusion entre le sang et le soleil qui nous fait resplendir cette lumière.

Vert et orange comme l’espoir de la guérison, le crépuscule des dingues merveilleux et l’acceptation de toutes les folles et de tous les fous de ce monde trop carré pour tourner rond.

Midori

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