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5 mai 2016

La folie policée : on a tous un flic en nous

Nous consentons aux règles de la vie en société aussi naturellement que nous acceptons le rôle de la police, qui est de garantir l’ordre public. Remettre en cause la police c’est s’attaquer à l’autorité, au pouvoir de l’Etat et à l’ordre social.

La folie, elle, vient déborder cette norme et perturber nos vies bien rangées. Ainsi, avoir un grain de folie, c’est sortir du cadre et des comportements policés.

Le cadre de la psychiatrie, lui, contient la folie, il s’agit de tranquilliser le patient psychotique, souvent en grande souffrance, par un traitement chimique. Ce traitement de choc, c’est un peu comme les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre, sauf qu’en psychiatrie le patient est « consentant ». Le patient sait qu’il ne peut arrêter le traitement sous peine de rechute. La peine est là, c’est comme la prison.

Le cadre établit et reconnaît qu’on a une maladie mentale et que les difficultés associées sont de l’ordre d’un handicap psychique qui se définit par le fait que les capacités intellectuelles sont intactes mais que leur usage est déficient du fait de troubles émotionnels par exemple.

A l’intérieur de cette cage, il y a évidemment de la place pour une vie épanouie, pour un accompagnement thérapeutique de qualité à visage humain. Quelques uns des oiseaux psychotiques arrivent même à sortir de la cage mais les barreaux de la cage restent ancrés dans les têtes comme si on avait un flic en nous, comme si la vie était policée par la prise quotidienne de médicaments. Il en devient normal de les prendre et voilà comment le fou et sa folie rentrent dans l’ordre policé de notre société, en s’accommodant de sa propre aliénation.

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