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17 novembre 2019

Le Trouble de la Personnalité Borderline vu par Caroline

Cette vidéo appartient à un plus large reportage du Collectif l’Humain Visible de la série thématique « Autour de la psyché » : ici sur les représentations autour des termes de « troubles de la personnalité limite » (TPL), « troubles de la personnalité borderline »(TPB)

6 Comments on “Le Trouble de la Personnalité Borderline vu par Caroline

Munos
24 janvier 2020 chez 23 h 03 min

Ce témoignage est poignant de vérité,il me parle car il souligne une part de ma réalité au quotidien,je dirai que ce trouble dont je souffres aussi laisse une empreinte au plus profond de nos entrailles.

Les émotions sont si hautes et si incomprises,la sensibilité à fleur de peau qu’elle nous laisse parfois démunis dans une société qui véhicule des images de compétition,lorsque j’ai traversé ma première dépression ,j’ai compris que je ne pourrais atteindre un niveau d’études et une performance sociale aussi élevée que l’étaient mes attentes d’adolescente,ce fut une longue traversée du désert dont je ne peux évoquer les détails,j’ai souffert d’erreur de diagnostic et je nageais dans l’incompréhension,je n’ai trouvé aucune épaule sur laquelle me reposer,ni appui thérapeutique adéquat,je croyais en une »condamnation » ad vitam aeternam ,avec l’erreur diagnostique qui fut j’ai reçu un stigmate ,une étiquette qui a littéralement détruit ma confiance en moi.

A l’époque je vivais dans une famille fort dysfonctionnelle et très violente les résultats scolaires chutaient incroyablement sans que personne n’intervienne,ni acteurs sociaux,ni professeurs,les psychiatres à vrai dire n’y comprenaient rien,sauf un je crois qui avait proféré en ces termes: je ne sais pas si vous etes juste névrosée,bipolaire ou schizophrène ,je lui aie juste répondu qu’il souffrait quand à lui d’obésité morbide et lui ait claqué la porte au nez 😉

.D’autre part ce trouble reste incompris à la fois par les thérapeutes et les patients car il est par sa dénomination « aux frontières »d’autres trouble,ce qui nous laisse à peu près tous et toutes sceptiques quand à la manières d’aborder les angoisses que nous traversons et surtout d’essayer de les surmonter avec l’aide du bon médecin.Nous sommes sensibles à l’empathie,si bien éprouvée par nous meme,que celle dont font preuve notre entourage.

De mon point de vue il y a une part très immature,très infantile dans la perception du monde,cette vision manichéenne,terrible à vivre,il nous faut nuancer plus que les autres notre rapport au monde,aux autres,le lien relationnel,la sphère psycho sociale devant etre en équilibre car nous vivons tous en interdépendance,ma sensibilité est telle que les propos et les actions toxiques d’autrui envers moi me laissent meurtrie pendant des jours,obligée de me couper du monde et du bruit pour retrouver ma force initiale.L’humour devient salvateur,et la distanciation émotionnelle nécessaire pour nous permettre de moins prendre tout à ceur,cela est facile à écrire mais fort peu réalisable dans la continuité.

Evidemment pour moi aussi la personnalité limite ne se guérit pas,je dirai au mieux que nous pouvons la dompter,la maitriser lorsqu’elle nous fait trop souffrir.J’ai l’impression parfois vraiment d’etre la proie de mes émotions,ce qui est déroutant,j’ai aussi un grand sentiment de vide intérieur,du fait cela est très déconcertant,enfin il nous faut trouver les réponses en nous,et savoir demander de l’aide à des professionnels véritablement investis de la volonté de nous aider,ce qui semble très difficile.

Conclure une alliance thérapeutique vraie et forte peut se révéler etre le plus grand appui en cas de désespoir.Visiblement le Québec a une autre approche de la pathologie mentale,je signifie par là que ce pays semble etre un modèle dans l’intégration du handicap psychique.

A mon niveau je subis de ne me sentir intégrée nulle part,toute ma bio sphère sociale affective et professionnelle est comme brisée.

Je fais face seule et je me rassure en me donnant des objectifs .La personnalité limite cessera peut etre d’etre un mystère.

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Caroline
4 mars 2020 chez 9 h 59 min

Bonjour Munos,

Un grand merci pour votre message suite à mon témoignage.Et merci pour le partage de votre vie avec le trouble Borderline

Vous avez raison l’alliance thérapeutique est essentielle pour l’amélioration des conditions de vie avec ce trouble.
Ce que je découvre au fil du temps c’est la part pathologique de ma personnalité que je pensais normale et c’est toujours un choc, mais il est nécessaire de faire la différence entre le nous profond et le trouble.

Je me reconnais bien aussi dans le mal que peut nous faire le monde et sa souffrance.Pendant des années je me disais je vais mal mais le monde autour est plutôt stable, alors l’espoir est là.Et l’arrivée d’internet et l’information en continu, sans grandes censures ont fait que les informations rentrent chez nous et nous touchent plus facilement.

Caroline

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Chantal Mosland
29 mars 2020 chez 3 h 31 min

bonjour Caroline,
votre témoignage me touche beaucoup, vous parlez très bien de ce problème, sincèrement et simplement ; je suis touchée, parce que je pense que j’ai vécu avec un homme qui était borderline, sans le savoir, et probablement lui-même ne le savait pas. Il est décédé depuis 3 mois, nous avons passé 20 ans ensembles, nous nous aimions follement, c’était très intense, au début ça me paraissait démesuré, mais c’était tellement fabuleux !

le quotidien a été difficile, alternance permanente de moments d’amour fou et de moments de crises, de clash, de colères soudaines, de sa part sans que je comprenne pourquoi, simplement au cours d’une discussion, ou à cause d’un geste maladroit de ma part, sans aucune intention de blesser ou de dire quoi que ce soit de négatif envers lui, il pouvait brusquement avoir des paroles très violentes, blessantes, terrifiantes qui me rendaient malade, qui me faisaient peur, soudain il était démoniaque et il semblait me détester, et me mettre plus bas que terre;

pendant qqes jours, j’étais anéantie et lui aussi, et puis il redevenait adorable, tendre, attentionné… et malgré tout ça, je continuais à l’aimer, nous avions tellement d’affinités, des discussions très pointues, intéressantes et enrichissantes pour tous les deux, nous étions des hypersensibles tous les deux, et avions en commun une enfance malmenée à cause de deuils qd nous étions très jeunes (pour lui, sa mère puis son père, et pour moi, ma sœur et ma mère), néanmoins nous avions du mal à parler de ces souffrances-là;

il a mené une vie trépidante, changeant souvent de région, se lassant très vite d’un endroit, faisant beaucoup la fête, il était instable, il n’a pas pu faire les études qu’il voulait, mais il lisait beaucoup, il était très cultivé, il était doué pour un tas de choses, mais était incapable de se concentrer longtemps sur qqc, surtout quand il était jeune…in fine, il a eu une vie assez décousue, il a rencontré des tas de gens de toutes sortes, il aimait les gens…. mais, comme c’était un bon vivant, qui prenait toutes sortes de risques, qui pouvaient le mettre en danger, il est devenu dépendant à l’alcool, et cela a fini par générer des tas de problèmes de santé, qui ont fini par le tuer;

impossible d’évoquer ce problème, il était dans le déni, biensûr, et quand j’essayais, ça déclenchait une crise épouvantable, c’était éprouvant, usant, je ne savais pas quoi faire, pour qu’il arrête de se détruire;
dans notre entourage, personne ne comprenait rien à qui il était, en société, il était parfaitement normal, quelqu’un d’agréable qui attirait la sympathie et la bienveillance, on l’aimait bien, il avait du bagout, il s’exprimait bien, et il avait toujours un avis critique sur tout !

sa fin de vie fut très dure, diverses pathologies, beaucoup de séjours à l’hôpital, et je pense, une angoisse énorme qu’il a trimballée toute sa vie, et malgré tout l’amour que je lui ai prodigué, je ne sais pas si j’ai réussi à apaiser cette angoisse, qui a tout de même gâché beaucoup de notre vie commune.

maintenant qu’il n’est plus là, il me manque,et je culpabilise de pas avoir été capable de faire plus pour lui; je sais qu’il m’aimait, pour ma patience, mon honnêteté, ma lucidité, et ma personne en général, quand il n’était pas en crise, on était tout à fait en phase !
je n’ai pas compris, qu’il était probablement borderline, c’est maintenant que je le comprends, et ça m’aide à mieux le comprendre, et aussi pourquoi nous avons eu des moments si difficiles…. mais c’est trop tard.

merci à vous d’en parler, il faut en parler !
amicalement, Chantal

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Caroline
29 mars 2020 chez 9 h 44 min

Bonjour Chantal,

Un grand merci à vous pour votre commentaire et le partage de votre vécu.

Vous avez vécu des années intenses, dans tous les sens et il ne faut pas avoir de regrets. Vous avez fait ce qu’il fallait, être présente pour lui c’est le plus important.J’ai compris à 44 ans que j’avais un trouble Borderline et sans une aide extérieure (psy) je serais surement passé à côté. La prise de conscience est très difficile et le chemin du changement l’est tout autant.

Soyez certaine que vous en avez surement fait beaucoup plus pour lui que vous le pensez.Etre présent dans les bons comme dans les mauvais moments c’est ça l’amour.

Si vous avez besoin d’en parler pour votre bien, votre cheminement personnel, pourquoi pas faire un témoignage avec « le collectif l’humain visible » c’est libérateur et avoir le témoignage d’un proche c’est une autre vision qui apporte beaucoup de réponses.Vous pouvez m’écrire sous mon témoignage sur YouTube si vous le souhaitez, si vous avez des questions.

Il y a effectivement des morbidités avec le trouble, comme l’alcool, le jeu et d’autres addictions et ce n’est pas bon c’est certain.

Ce que je vous souhaite c’est un apaisement, vous ne pouvez pas refaire le passé, mais vous pouvez agir sur le futur alors prenez soin de vous et des vôtres.

Caroline

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Chantal Mosland
31 mars 2020 chez 0 h 06 min

bonsoir Caroline,

merci pour votre réponse, ça me réconforte, car je dois dire, que c’est difficile pour moi en ce moment, je me retrouve seule, les amis que j’avais m’ont laissée de côté, peu à peu, quand mon mari avaient tous ses problèmes qui s’aggravaient… les pbs liés à l’alcool qui s’ajoutaient à sa personnalité borderline… on me conseillait de le quitter !
mais je ne pouvais pas, je l’aimais, et je voyais bien qu’il souffrait, et que je devais rester, coûte que coûte, auprès de lui, je sentais bien qu’il avait besoin de moi, et qu’il comptait sur moi, car le lien entre nous était très fort;
je pense qu’il aurait fait pareil pour moi, c’était en qqe sorte, un pacte conclu entre nous dès le départ, en s’engageant à vivre ensemble, on acceptait de tout endurer…moi je ne savais pas trop ce qu’il voulait dire, mais lui devait savoir qu’il y aurait des crises difficiles à surmonter!

j’étais sa 2ème femme, il savait qu’il lui arrivait de partir en vrille, pour un rien, et que ça pouvait mettre le couple en difficulté… mais je n’ai pas posé de questions, l’amour qui scellait notre couple me donnait la force de m’engager, et de trouver la force de surmonter les moments les plus durs… et il y en a eu; souvent j’ai cru que j’allais lâcher, mais j’ai trouvé les ressources pour tout surmonter…

je suis d’accord pour témoigner avec le collectif dont vous parlez, comment dois-je procéder ?
j’espère que vous allez bien, et que vous progressez à gérer vos problèmes ?

cordialement,
Chantal

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Caroline
31 mars 2020 chez 6 h 31 min

Bonjour Chantal,

Ils est difficile pour l’entourage de comprendre, c’est pour ça qu’il faut en parler.Comprendre le trouble ce n’est pas tout accepter de l’autre, mais faire en sorte de ne pas le prendre personnellement, ou de ne pas envenimé les choses.

Si mes mots vous ont réconforté, même un peu c’est bien, c’est le but de mon témoignage.
Oui je vais bien merci, je progresse, surtout parce-que je suis en demande de changements et qu’en face de moi j’ai deux psy qui sont présents et actifs,c’est un travail collectif.

Pour le témoignage avec le collectif voici la chaîne YouTube https://www.youtube.com/channel/UCQ1UotP7e2Boz8K_RX6lErA
et l’adresse email pour écrire à Xavier collectifhumainvisible@gmail.com.
Si vous le faites, vous allez voir c’est tellement libérateur !
En faisant mes témoignages, je me suis rendue compte de certaines choses que je n’avais pas conscience avant.
à bientôt j’espère dans le collectif

Caroline

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