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13 octobre 2022

LA BIPOLARITÉ : désirs et créativité refoulés ?

boutimotion

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Jusqu’à quel point devrais-je, faire, et refaire, des crises, des dépressions, avant de comprendre ? Oui, la bipolarité, c’est un réel handicap, une maladie de merde, causée notamment par un dérèglement chimique du cerveau. Je prends mon traitement, j’ai une bonne hygiène de vie.

ALORS POURQUOI, ÇA RECOMMENCE ?

LES REQUETES CREATIVES

J’ai vécu 3 phases maniaques. Parmi de nombreuses thématiques délirantes, une s’est distinguée, par sa répétition et son réalisme.

« Dieu » m’a demandé, d’une voix solennelle :

« Luciiiie… tu dois écrire. Tu dois être mon outil pour faire le lien entre mes paroles divines et les humains pour leur expliquer mes enseignements. Mais écris-le d’une manière à ne pas leur faire peur ».

J’ai répondu, qu’il était un peu gonflé. Merci pour le fardeau. Comment allais-je m’y prendre ? 

Il m’a rassuré : « Regarde le saule pleureur en face de toi. Je suis le soleil à travers le feuillage. Tu es les branches qui descendent vers le sol. Elles se connectent et transmettent mes messages aux fourmis qui représentent les terriens. »

Désolée hein, pour la métaphore des fourmis hein, c’est pas péjoratif, il a juste pris comme exemple ce que j’avais en face de moi.

Il m’a dit « Luciiiie….reprends l’écriture, le théâtre, la danse et le chant, le dessin ».

RÉSULTAT.

Qu’ai-je fait de ces requêtes après les deux premières crises ?

J’ai rejeté toutes les idées délirantes que j’ai eues. Puis bossé, formation, bossé, formation, bossé, formation…

J’ai mis la créativité sous le tapis de « plus tard ». Et j’ai refait une crise, quelques années « plus tard. »

Cette fois-ci, ma conscience était presque intacte. Dieu n’avait plus un ton solennel. Parce que ce n’est pas Dieu. C’était une discussion entre moi, et moi-même. J’ai eu de nouveau le droit à la leçon.

(Voix de Muffassa dans le Roi Lion) :

« Luciiiiiiiie… N’oublie pas, qui tu es.  Tu as affirmé à 9 ans « je suis » écrivain. T’as même demandé à te faire filmer par ta mère en disant ça. Lucie, tu as pratiqué pendant des années le chant, théâtre, danse, puis tu as arrêté. Luciiiiiiie ça fait des années que tu dis que tu veux reprendre le dessin. Tu n’en fais rien ».

Et j’pense que s’il pouvait rajouter « donc me casse pas les c**** et bouge-toi le c**», il l’aurait fait.

J’écris ce texte, d’un ton insouciant, humoristique. Mais je me moque de qui ? De ma douleur qui me fait exploser le cerveau pour que je comprenne.

C’est grave en fait.

C’est grave, de se renier à ce point.De ne pas avoir connecté mes deux neurones.

La solution était-elle sous mes yeux ?

HYPOTHESE DU REGIME : LA PEUR D’ETRE CREATIVE.

Quand on fait un régime, on prive notre corps de la quantité de calories habituelles.

On l’active en mode « survie ». A la prochaine bouchée de sucre et de gras, il va stocker les graisses, pour affronter la prochaine période de disette.

Par peur de la crise maniaque, j’ai privé mon cerveau de sa créativité pendant 8 ans. Quand elle est étouffée, et qu’elle ressort en crise, elle défonce tout, et devient ma pire ennemie. C’est toujours le même refrain.

J’ai supposé que si j’ouvrais une brèche à ma créativité, elle allait se dire « allez les gars, on sait jamais qu’elle change d’avis, on fonce et on sort tout ! ».

Ayant une partie de ma conscience dans la dernière phase maniaque, j’ai compris la logique.

LA PROMESSE

Petit cerveau, ne t’en fais plus, je te donne ce que tu attends depuis si longtemps.

S’il te plaît, ne lâche pas les chiens. J’ai tout mon temps. Toute ma vie pour me faire pardonner. Rien n’est urgent. On se la joue progressive. Alors, on se détend, on souffle, on respire, on sourit, on prend du plaisir. On dort bien. Si on ne dort pas bien, on contacte son psychiatre, on adapte le traitement, on mange bien, on se relaxe, on va prendre une douche, faire la cuisine.

CONCLUSION.

J’ai élaboré un plan machiavélique cette année.

J’ai attendu d’être bien droite dans mes bottes. D’avoir une stabilité comme je n’en ai jamais eue auparavant. Enlever tout stress, créer un environnement sain et calme, changer mon alimentation, un sommeil de top qualité. Lire tous les bouquins possible sur la bipolarité, le sommeil, la santé, continuer mes études, de trouver une excellente psychiatre etc. (la liste est trop longue).

J’ai préparé la muqueuse duveteuse et rassurante pour accueillir ma créativité, en toute sérénité, sans décompenser.

Et. Ça. Marche.

Déduction.

La souche des phases maniaques, dépressives, ne serait-elle pas alors, l’expression des désirs profonds, que l’on a refoulés dans son inconscient ?

Le bipolaire, ne serait-il, donc qu’un créatif contrarié ?

Tu vois Lucie.

C’était si dur, de reprendre l’écriture ?

J’y pense. Toi qui me lis. Ecrirais-tu tes crises maniaques pour découvrir tes envies profondes ? Et si tu souhaites que je lise, avec grand plaisir. N’attends pas de réponse. Mais je lirai tout. Envoie-les à cette adresse : [ contact@commedesfous.com ]. On me les transférera.  Tu peux garder ainsi ton anonymat complet. Je serai ravie, plus tard, de te retrouver, devenu(e) la personne que tu souhaites, et l’artiste que tu es.

Lucie

https://www.instagram.com/lucie_ptit_lu/

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