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27 avril 2022

Portrait de Léna Dormeau

portrait de lena dormeau

Comme Léna, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires ?

J’ai la chance et la joie immense d’être entourée de personnes incroyables ; pour ce qu’elles sont, ce qu’elles m’apportent et consolident en moi et hors de moi. J’ai, comme le dit l’adage, des ami.es proches qui se comptent sur les doigts d’une main. Pour filer la métaphore montagnarde, ce sont mes pitons dans la paroi du monde, j’en ai besoin pour m’accrocher, me diriger, ne pas tomber, me tenir à bout de bras parfois, à bout de force souvent.

Sans surprise j’aime la montagne donc, les Alpes particulièrement. Je suis une marcheuse de montagne (en solo) et je pratique l’alpinisme depuis peu. J’aspire à quitter Paris du coup, à un moment j’aurai davantage besoin d’espace, de calme et de hauteur à proximité.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes ?

C’est toujours complexe pour moi la question du métier. Je n’ai jamais été formée à “un métier” en particulier. J’ai presque toujours eu un (souvent des) emploi(s) salarié(s) pour subvenir à mes besoins, mais j’ai toujours eu le souhait et la nécessité de chercher, d’écrire et de créer.

J’ai le privilège d’avoir aujourd’hui un travail salarié qui me plait (je travaille dans la prévention addicto), mais j’aime surtout mon activité en tant que chercheuse.

Mon taf de philosophe, ça consiste à tenter de recoller les morceaux de moi-même en passant par le monde (on fait tou.tes ça faites pas genre). En comprenant les structures qui m’entourent et les matrices qui me traversent, j’accepte un peu mieux l’existence, ses contradictions et son lot de souffrances.

C’est dit un peu rapidement mais c’est franchement l’idée. J’exerce une activité qui m’aide à vivre, et j’aime bien vivre, donc ça colle pas mal finalement. (j’aime bien le terme de Joan qui parle d’usager-chercheur. Je me sens usagère-chercheuse).

Que penses-tu du monde de la santé mentale ?

On a tou.tes une santé, et tou.tes une santé mentale. “Aller mal” relève de la santé mentale de la même façon que “se sentir heureu.x.se”, angoissé.e ou euphorique l’est. Le monde de la santé mentale, c’est le monde ; ou plus exactement nos mondes, ceux qu’on habite et ceux qu’on porte.

C’est principalement une histoire de mondes qui ne cohabitent pas, ne communiquent pas et souvent ne se croisent pas. Je vais prêcher ma chapelle mais ce que je pense du monde de la santé mentale c’est qu’il repose sur des rapports de force et de pouvoir qui sont discriminants et délétères pour une large part de la population. Et on sait de quelle part il s’agit …

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie ?

Je ne sais pas. C’est quoi la folie déjà ? ^^

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais ?

Haha jamais de la vie. Je lui demanderai de démissionner.

Aucune politique ou institution publique n’a ma confiance pour prendre des décisions majeures et décisives dans ce champs. Seuls les collectifs auto-déterminés et les communautés d’auto-support contiennent mon espoir d’un avenir meilleur.

Une page que tu aimerais faire connaître ?

https://www.lenadormeau.fr/Recherches en philosophie politique & santé mentale

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