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15 septembre 2019

Portrait d’Emilie

portrait emilie

Comme Emilie, fais-toi tirer le portrait par Comme des fous en répondant à ces 5 questions.

Quelles sont tes inspirations dans la vie et à quoi tu aspires?

J’aime l’art en général : le théâtre, la poésie, la danse, la peinture, visiter des expositions, des musées… J’aime écrire (en particulier des poèmes), pâtisser, faire des photos. J’aime la nature, les arbres, les fleurs, les animaux.

J’aspire à un monde meilleur, à un certain bien être, à la tolérance, et à la paix.

Comment décrirais-tu ton métier et pourquoi tu l’aimes?

Hélas, je ne travaille pas. Il y a tant de trous dans mon CV que je ne pourrais dire si j’ai un métier. Cela me rend triste d’ailleurs. Car j’aimerais travailler, mais mon trouble, mes angoisses m’en empêchent.

Que penses-tu du monde de la santé mentale?

J’ai eu énormément de chance de trouver une équipe compétente. Je suis suivie dans un hôpital de jour avec infirmières, psychologue et psychiatre. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans eux.

Il y a encore quelques années, les patients avaient « cette chance » de pouvoir être hospitalisés en urgences. Même si j’avoue que je n’ai jamais voulu être hospitalisée, que l’hôpital c’est l’Enfer… Surtout la chambre d’isolement où on est « nu ». Cela est très humiliant. Et je dois dire aussi que certains soignants à l’hôpital ne sont pas très empathiques. On se demande pourquoi ils sont là. Ils devraient changer de métier.

Je disais donc que c’était une chance, car même si je détestais l’enfermement, je reconnais que cela m’a aidée. (Après je parle pour moi, et aussi du CHS dans lequel j’étais. Car je suis bien consciente que les conditions sont différentes d’une ville à une autre, d’un hôpital à un autre…).

Sauf que depuis deux ou trois ans environ, les choses ont changé. Ils ont supprimés des postes, mais aussi des lits dans les services. Les soignants sont débordés, et surtout, les personnes en souffrance doivent attendre parfois un mois afin d’être hospitalisées, d’être mis « à l’abri ».

Les « nouveaux » patients doivent attendre des mois pour avoir un rendez-vous avec ma psychiatre. Ce n’était pas le cas avant.

Ce qui m’énerve, c’est que pour les administrations, tout est une question d’argent. Les patients sont des numéros, des cases.

Une infirmière m’a racontée l’autre jour, que désormais il devaient mettre des croix dans un tableau. Mais comment peut-on mettre des troubles psy dans un tableau ? Comment peut-on quantifier si ce patient va bien ou non ? La psychiatrie est beaucoup trop abstraite !

Que ce soit les « hauts » dirigeants qui n’y connaissent rien, les soignants parfois mal ou peu formé, ou le grand public qui juge… Il y a énormément à faire, énormément de choses à changer.

Qu’est-ce qu’on peut tirer de positif de la folie?

Déjà, je trouve le mot « folie » péjoratif. Je ne suis pas folle ! J’ai juste des difficultés.

Ensuite, je trouve que mon trouble me rend plus sensible, plus ouverte au monde et aux autres, plus tolérante et empathique.

Je suis également créative, sensible à l’art, à la beauté qui nous entoure.

Pourrais-tu devenir un jour ministre de la santé mentale et sinon qu’est-ce que tu lui demanderais?

Non, je ne pourrais pas. La politique ce n’est pas pour moi !

Par contre, je demanderais :

– Une plus grande sensibilisation du grand public. Nous ne sommes pas des monstres ! Et qu’on arrête avec les clichés dans les films comme quoi si on est fou, on est forcément un tueur. N’importe quoi !

– Des soignants mieux formés.

– Plus de budget : plus de personnel dans les hôpitaux afin d’avoir une meilleure prise en charge, plus de structures, plus d’art-thérapeutes ou de « choses » pour s’occuper.

– Un meilleur accompagnement lorsqu’on est en crise : au lieu d’être enfermé dans une pièce comme un animal.

– Améliorer l’insertion sociale et professionnelle : avoir plus d’entreprise adaptée, esat… plus d’aide pour trouver un emploi, un appartement…

– Avoir des groupes de paroles pour les patients, mais aussi la famille.

– Mieux accompagner les proches qui sont souvent perdus.

– Avoir une prise en charge identique dans toutes les villes et structure.

– Avoir les mêmes droits, qui changent d’un département à l’autre.

– Accélérer la prise en charge des dossiers de la MDPH ( Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui est d’une lenteur pas possible… Attendre 3 mois, voir plus, pour une demande de RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé).

Une page, association ou initiative que tu aimerais faire connaître?

Il s’agit de mon blog : http://www.lentracte-gourmand.fr

One Comment on “Portrait d’Emilie

Portrait de Carole – Comme des fous
15 septembre 2019 chez 17 h 10 min

[…] Portrait d’Emilie […]

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