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5 janvier 2016

Balade pour un fou, tango traduit en français

Musique d’Astor Piazzolla, paroles d’Horacio Ferrer, interprété par Roberto Goyeneche.

Las tardecitas de Buenos Aires tienen ese qué sé yo, ¿viste? Salís de tu casa, por Arenales. Lo de siempre: en la calle y en vos. . . Cuando, de repente, de atrás de un árbol, me aparezco yo. Mezcla rara de penúltimo linyera y de primer polizón en el viaje a Venus: medio melón en la cabeza, las rayas de la camisa pintadas en la piel, dos medias suelas clavadas en los pies, y una banderita de taxi libre levantada en cada mano. ¡Te reís!… Pero sólo vos me ves: porque los maniquíes me guiñan; los semáforos me dan tres luces celestes, y las naranjas del frutero de la esquina me tiran azahares. ¡Vení!, que así, medio bailando y medio volando, me saco el melón para saludarte, te regalo una banderita, y te digo…

(Cantado)

Ya sé que estoy piantao, piantao, piantao…
No ves que va la luna rodando por Callao;
que un corso de astronautas y niños, con un vals,
me baila alrededor… ¡Bailá! ¡Vení! ¡Volá!

Ya sé que estoy piantao, piantao, piantao…
Yo miro a Buenos Aires del nido de un gorrión;
y a vos te vi tan triste… ¡Vení! ¡Volá! ¡Sentí!…
el loco berretín que tengo para vos:

¡Loco! ¡Loco! ¡Loco!
Cuando anochezca en tu porteña soledad,
por la ribera de tu sábana vendré
con un poema y un trombón
a desvelarte el corazón.

¡Loco! ¡Loco! ¡Loco!
Como un acróbata demente saltaré,
sobre el abismo de tu escote hasta sentir
que enloquecí tu corazón de libertad…
¡Ya vas a ver!

(Recitado)

Salgamos a volar, querida mía;
subite a mi ilusión super-sport,
y vamos a correr por las cornisas
¡con una golondrina en el motor!

De Vieytes nos aplauden: « ¡Viva! ¡Viva! »,
los locos que inventaron el Amor;
y un ángel y un soldado y una niña
nos dan un valsecito bailador.

Nos sale a saludar la gente linda…
Y loco, pero tuyo, ¡qué sé yo!:
provoco campanarios con la risa,
y al fin, te miro, y canto a media voz:

(Cantado)

Quereme así, piantao, piantao, piantao…
Trepate a esta ternura de locos que hay en mí,
ponete esta peluca de alondras, ¡y volá!
¡Volá conmigo ya! ¡Vení, volá, vení!

Quereme así, piantao, piantao, piantao…
Abrite los amores que vamos a intentar
la mágica locura total de revivir…
¡Vení, volá, vení! ¡Trai-lai-la-larará!

(Gritado)

¡Viva! ¡Viva! ¡Viva!
Loca ella y loco yo…
¡Locos! ¡Locos! ¡Locos!
¡Loca ella y loco yo

Les soirées à Buenos Aires ont un je ne sais quoi, tu vois ?
Tu sors de chez toi, dans Arenales, comme toujours, dans la rue et en toi…
Quand soudain, de derrière un arbre, j’apparais…
Un étrange cocktail d’avant dernier trimardeur et de premier clandestin en route pour vénus :
Le melon sur la tête, les rayures de la chemise peintes sur la peau
Et dans chaque main un drapeau de taxi indiquant que je suis libre
Tu te moques ! Mais seul toi me vois, parce que les pantins me clignent de l’oeil,
Les feux rouges me donnent trois lumières célestes
Et les oranges du marchand de fruits me jettent des fleurs
Viens… !
Ainsi, moitié dansant moitié volant, j’ôte mon melon pour te saluer,
Je t’offre un petit drapeau et je te dis :Je sais, je suis fêlé, fêlé, fêlé…
Tu ne vois pas que la lune rôde autour de Callao,
Qu’un chœur d’astronautes et d’enfants
Dansent la valse autour de moi ? Danse, viens ! Vole !
Je sais, je suis fêlé, fêlé, fêlé…
Je regarde Buenos Aires depuis le nid d’un moineau,
Et je t’ai vu, si triste… Viens, vole ! Ressens cette folle tendresse que j’ai pour toi !
Dingue, dingue, dingue… !
Quand le soir se couchera dans ta solitude portègne*
Sur le rivage de tes draps je viendrai
Avec un poème et un trombone
Te réveiller le cœur.
Dingue, dingue, dingue… !
Comme un acrobate dément je sauterai
Dans les abîmes de ton décolleté, jusqu’à sentir
Que j’ai rendu ton cœur fou de liberté.
Tu verras !(Récité)
Allons nous envoler, ma chère ;
Grimpe à mon illusion supersport
Et allons courir sur les corniches
Avec une hirondelle dans le moteur,
A Vieytes ils nous applaudissent : bravo, bravo !
Ces dingues ont inventé l’amour,
Et un ange, un soldat et une fillette
Nous offrent une petite valse…
Les gens  » bien  » sortent pour nous saluer,
Et un fou qui t’appartient, je le sais bien !
Qui fabrique des cascades de rire
Et pour finir te regarde et chante à mi-voixAime moi ainsi fêlé, fêlé, fêlé…
Abrite les amours, nous allons essayer
La magie totalement folle de revivre
Viens, vole ! Viens ! Tralalalarara… !
Bravo, bravo, bravo !
Elle est dingue et je suis dingue !
Dingues, dingues, dingues !
Elle est dingue et je suis dingue !

*Portègne : habitants de Buenos Aires
Traduction de Cécile Guivarch

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