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6 avril 2017

Crazy’App : Participez à une enquête sur la santé mentale!

Quelles sont aujourd’hui nos croyances et nos idées reçues sur la santé mentale ? Que savons-nous réellement de l’efficacité des traitements ou du vécu des personnes qui souffrent de troubles ? Quelles sont nos attitudes concrètes vis-à-vis d’elles ? Nos préjugés peuvent-ils évoluer dans le temps ? Voilà des questions auxquelles l’enquête en ligne Crazy’App cherche à répondre, avec la participation de Marie-Aude, auteure pour Comme des fous!

margot morgiève« Comme nous étions les experts français auprès de la Cité des Sciences pour l’élaboration de l’exposition Mental Désordre, il nous est apparu que l’objet traité n’était pas évident : « folie » ou « santé mentale » ? La folie a disparu depuis longtemps des catégorisations diagnostiques, alors quel terme contemporain employer ? Comment traiter le sujet ? La construction même de l’exposition et les différences culturelles apparues au cours des discussions ont provoqué notre intérêt d’étudier les représentations associées à la santé mentale. » — Margot Morgiève, psychologue et chercheuse en sociologie de la santé mentale, membre de l’équipe de Luc Malet à l’ICM

Rendez-vous sur http://www.crazyapp.fr

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5 questions à l’équipe de l’Institut du Cerveau et de la Moëlle épinière (ICM),  dirigée par le Pr Luc Mallet, avec la collaboration de Margot Morgiève, Karim N’Diaye et Xavier Briffault.

1. POURQUOI AVOIR CONÇU CET OUTIL ? À QUOI RÉPOND-IL EXACTEMENT ?

C’est un outil ouvert à tous, à des personnes aux différents âges et étapes de la vie, dont l’objectif est de faire progresser la connaissance ! Mais c’est aussi l’occasion de réfléchir et exprimer ses propres représentations et préjugés sur la santé mentale. Dans la relation de soin en général et particulièrement dans le champ de la santé mentale, la prise en compte des représentations et attentes des différents acteurs est un élément essentiel d’amélioration du processus de soin : en amont de la prise en charge, dans le choix de la stratégie thérapeutique, et dans la consolidation de l’alliance thérapeutique. Bien que moins étudiée, la relation des patients avec leurs proches dépend elle aussi des représentations de chacun, lesquelles ont ainsi un impact important sur l’évolution clinique et le vécu de la maladie.

Avec l’application, on ne veut surtout pas ne s’adresser qu’aux jeunes, on s’adresse à tous les publics et nous étudierons s’il existe des différences entre ces publics. La science n’a pas de frontière. Même si les différences socio-culturelles importent. Il faut regarder les travaux internationaux. Ces travaux montrent le faible rôle de la prise en compte des représentations dans les changements des comportements et des attitudes.

À ce jour il y a peu d’études existantes qui sont essentiellement basées sur la grande enquête « Santé mentale en population générale » (SMPG) conduite par le Ministère de la Santé et l’OMS il y a plus de 10 ans. Donc c’est un thème qui reste véritablement à investiguer.

Nous avons choisi de concevoir une web-app comme support, car l’outil nous a paru plus vivant, plus moderne, plus agréable qu’un questionnaire papier tout en permettant une diffusion à large échelle. Ce support permet aussi d’évaluer les représentations de la population en regardant une « vraie personne » (contrairement à ce qui est habituellement fait : où, au mieux, on interroge les gens sur la base d’une description d’un cas clinique exposé mais plus souvent en les faisant seulement réagir à une « étiquette » ex : « Que pensez vous des schizophrènes »). Un autre avantage permis par ce média est d’étudier des représentations plus « libres » car l’outil informatique permet de traiter des réponses libres (verbatim) de façon automatisée à grande échelle, sans avoir à contraindre un choix multiple par exemple.

2- À QUOI VA SERVIR CE RECUEIL DE DONNÉES ?

CrazyApp permet de collecter des données quantitatives très riches qui vont permettre d’identifier les représentations et les attitudes de la population générale concernant les troubles de santé mentale. Nous étudierons les différentes variables à même de modifier ces représentations, et si le fait d’avoir vu l’exposition sur le sujet modifie ou non ces représentations, et serons ainsi en mesure d’évaluer si les représentations changent et évoluent au cours du temps.

3. QUELLES SONT VOS AMBITIONS POUR L’APPLICATION ?

Crazy’App voyagera au delà de la France, d’abord en Suisse, puis s’exportera dans d’autres langues à l’étranger. La Fondation Philippe et Maria Halphen et l’association Meetings for Minds ont déclaré un intérêt pour soutenir sa diffusion à l’étranger, en Australie, ce qui permettra d’avoir plus de données et d’étudier d’éventuelles différences interculturelles.

4. QUELLE EST LA PERCEPTION DES GENS SUR LES MALADIES MENTALES ?

Classiquement, il y a une mauvaise connaissance de ce que sont les maladies mentales, sur le vécu concret et les enjeux socio-économiques à l’échelle de l’individus (mais aussi à l’échelle de la société toute entire). Le coût de la maladie mentale représente près de 110 milliards d’euros par an en France sachant que selon le rapport publié par la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), chaque dollar investi pour développer la prise en charge de la dépression et de l’anxiété en rapporte.

5. POURQUOI AVOIR MÊLÉ PSYCHOLOGIE ET NEUROSCIENCES ?

L’équipe BEBG est pluridisciplinaire, les chercheurs s’intéressent à la psychiatrie, à la recherche clinique, à la physiopathologie et à l’innovation thérapeutique. Ils mènent des recherches translationnelles, fondamentales et appliquées. La web-app ne s’inscrit ni dans la thématique ni dans la méthodologie des neurosciences, elle relève de la sociologie. Les neurosciences jouent un rôle de plus en plus important en psychiatrie pour les scientifiques mais aussi pour le grand public.

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