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25 juin 2016

« Journée Mondiale des Réfugiés »

Billet traduit de la page LoComún, merci à elles! Gracias!

« Ce lundi c’était la Journée Mondiale des Réfugiés. Pour l’occasion, quelques médias et des collectifs de professionnels, se sont fait l’écho des « problèmes de santé mentale » dont souffre ce groupe de personnes, obligées d’abandonner leurs foyers, leur famille et amis et confrontées au déracinement et à l’insécurité.

Et dans une tentative de définition du « problème », ou de cerner ces individus « autres », ils nous ont fourni des données épidémiologiques, des probabilités, des statistiques et des diagnostics, et nous avons pu lire des phrases du type: « les réfugiés ont plus de problèmes d’anxiété et de dépression », « les réfugiés ont trois fois plus de risque de souffrir de schizophrénie et de troubles psychotiques », « le trouble de stress post-traumatique est plus fréquent parmi les réfugié », « des thérapies psychologiques à l’attention des traumas multiples chez les réfugiés », « les enfants réfugiés ont des problèmes de comportement et d’adaptation ». Comme si le « problème » était parmi les autres et que ce n’était pas le problème de tous.

Nous ne doutons pas des bonnes intentions qu’il peut y avoir derrière ces affirmations, mais nous défendons que la santé mentale n’est pas, quand bien même on veuille nous le vendre, quelque chose d’individuel, mais bien quelque chose d’ordre relationnel, dans le collectif, dans le commun. C’est pour cela que nous croyons qu’en diagnostiquant les réfugiés, on n’accepte les préceptes de la « maladie mentale » et qu’on ne tombe -à nouveau- dans le piège de penser la santé mentale comme quelque chose d’individuel.

[Tweet theme= »tweet-string-underlined »]Nous défendons que la santé mentale n’est pas quelque chose d’individuel mais bien quelque chose d’ordre collectif[/Tweet]

Peut-on vraiment considérer comme une maladie le fait de croire qu’on veut te tuer quand tu as ressenti la peur intense de mourir? Est-ce un trouble de se méfier des autres quand tu t’es senti poursuivi et persécuté? Peut-on oser un diagnostic de dépression ou d’anxiété chez quelqu’un qui a brutalement perdu tout ce qui était important dans sa vie ?

Quelqu’un peut-il nous dire quelle est la réponse « normale » dans ces situations ?

Croyons-nous sérieusement que ce sont eux qui ont un problème ? »

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Photo: Diario Octubre

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