La folie policée : on a tous un flic en nous

Nous consentons aux règles de la vie en société aussi naturellement que nous acceptons le rôle de la police, qui est de garantir l’ordre public. Remettre en cause la police c’est s’attaquer à l’autorité, au pouvoir de l’Etat et à l’ordre social.

La folie, elle, vient déborder cette norme et perturber nos vies bien rangées. Ainsi, avoir un grain de folie, c’est sortir du cadre et des comportements policés.

Le cadre de la psychiatrie, lui, contient la folie, il s’agit de tranquilliser le patient psychotique, souvent en grande souffrance, par un traitement chimique. Ce traitement de choc, c’est un peu comme les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre, sauf qu’en psychiatrie le patient est « consentant ». Le patient sait qu’il ne peut arrêter le traitement sous peine de rechute. La peine est là, c’est comme la prison. Lire la suite

Déconstruire la posture professionnelle en santé mentale

Dix professionnels du médico-social et vingt usagers de la psychiatrie se retrouvent sur les mêmes bancs d’étudiants pour se former au rétablissement. Inauguré en 2015, ce diplôme d’études supérieures inter universitaires aux pratiques orientées autour du rétablissement (DESIU) vise à développer cette approche en France.

La suite de l’article ci-dessous (cliquer pour agrandir l’image):

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Voir la vidéo des étudiants du DESIU: Lire la suite

A la rencontre des Psy de Nuit Debout!

Psychiatrie, Soins et Accueil : je ne pouvais pas passer à côté de cette commission à Nuit Debout sur la Place de la République à Paris! Fort de mon expérience sur ce blog et sur le sujet de la folie, j’aborde un visage connu, celui d’un psychiatre que j’ai vu un jour dans une vidéo. Il est là avec des collègues de son service à Asnières ainsi que d’autres pros de la santé mentale. Je connais Asnières! C’est là d’où émet Radio Sans Nom, la radio du CATTP d’Asnières animée par Alfredo Olivera, le fondateur de radio La Colifata!

L’idée de la commission est que chacun vienne en tant que citoyen, au-delà des étiquettes soignant-soigné. Mais pas de psychiatrisé en vue jusqu’au moment où surgit un monsieur qui voit les pancartes et s’arrête pour convaincre notre cher psychiatre qu’il est victime d’un faux diagnostic de bipolarité…

Revenons à cette commission: une page internet à été créée que voici:
http://psysoinsaccueil.canalblog.com/

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Deux textes distribués sur place

Ci-dessous le compte-rendu de la réunion du 52 mars: Lire la suite

> Appel à manifester le 9 avril 2016 pour une psychiatrie à visage humain ! — Quelle hospitalité pour la folie?

Appel à manifester le 9 avril pour une psychiatrie à visage humain !

Nous sommes quelques jeunes soignants en psychiatrie, désirant porter haut et fort notre mécontentement en ce qui concerne les GHT, la disparition du secteur, la dégradation des moyens pour accueillir et soigner, les pratiques de contentions et la restriction à une conception neuro-biologique de la pathologie psychique et sa sur-médicalisation majoritaire en psychiatrie.

Nous partageons le constat d’une dérive néo-libérale qui engendre de façon insidieuse, mais massive, la destruction du service public, éloignant du soin les personnes les plus fragiles et participant à un processus toujours plus marqué de leur précarisation, de leur exclusion et de leur enfermement.

Les GHT instaurés par la nouvelle loi de santé, énormes machines bureaucratiques, engloutissant la psychiatrie de secteur dans l’hôpital général et les CHU, annulent définitivement la spécificité de la psychiatrie, comme cela a été le cas pour les formations des infirmier-ère-s et des médecins.

Ainsi, ARS, HAS, « recommandations de bonnes pratiques », « démarches qualité », « patients traceurs », « file active », « mutualisation des moyens », sont autant de termes d’une novlangue imposée, qui loin d’être sous tendus par des considérations cliniques nous éloignent de la relation et d’une pensée de l’autre et de sa complexité.

Il existe des équipes, des collectifs, des associations, qui résistent à cette pression normative et budgétaire de rentabilité. C’est pourquoi il nous semble vital que nos engagements dépassent les murs de la psychiatrie et que nous agrandissions ensemble les rangs des luttes qui convergent aujourd’hui.

Nous ne savons pas ce qu’une telle mobilisation changera à ce processus de destruction des pratiques humaines que nous défendons, mais il est certain que notre immobilisme et notre silence laissent la place au pire à venir !

Remettons en avant des pratiques humaines, singulières, historicisantes, transférentielles, cliniques, politiques et créatives !

Rejoignons-nous !

RDV samedi 9 avril à 13h30, au croisement du boulevard du temple et rue Jean Pierre Timbaud.

Banderoles, slogans, instruments de musique seront les bienvenus !

via > Appel à manifester le 9 avril 2016 pour une psychiatrie à visage humain ! — Quelle hospitalité pour la folie?

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Psychiatrie et folie sociale, Jean-Paul Arveiller [livre]

Les soins psychiques se situent au croisement de deux utopies:
– que celui qui est reconnu comme patient puisse, dans un avenir plus ou moins proche, se passer de nous ;
– que la société accueille et « digère » tant celui qui souffre psychologiquement, que celui qui est différent ou se sent différent.

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Sommaire:
-Psychiatrie et Folie sociale
-Ma fille et ton gendre
-Qui demande?
-Qui répond?
-Pour quelle adaptation?
-Le tremplin
-Folie, maladie mentale et souffrance psychique
-Assistance ou autonomie?
-La misanthropie sociale
-Le nouveau désordre psychiatrique
-Les apports de l’exclusion
-Alors?
-Ouvertures

Passer de l’asile à la Cité, de l’aliéné au citoyen : un défi collectif

Aude Caria, directrice du Psycom, Sophie Arfeuillère, Céline Loubières et Camille Joseph chargées de mission du Psycom Paris (75).

L’usage des stéréotypes et la stigmatisation représentent un phénomène universel et nécessaire aux êtres humains, au niveau cognitif et social. Son éradication ne peut pas constituer un objectif en soi, encore moins dans le domaine de la psychiatrie, car la folie est intrinsèque à l’être humain et les stigmates du fou joueront toujours un rôle social important. Lire la suite