La nouvelle Nef des fous

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Dans son grand poème « La Nef des fous », Brant, le vieil écrivain du Moyen-âge allemand, nommait fous tous ceux qui ne pensaient qu’à leur vie terrestre et n’avaient souci du salut céleste.

Aujourd’hui, je dis fous ceux qui pensent trouver seuls leur salut sur la Terre sans souci du salut commun de tous les peuples de la Terre.

Comme si nous ne voguions pas tous à bord du même vaisseau
Comme si la Terre entière n’était pas pour nous tous un seul radeau
Comme si nous n’étions pas tous embarqués sur le même bateau perdu en haute mer

Oui, nous vivons tous sur un immense et unique bateau un vaisseau baptisé Terre, pour quelques-uns un paquebot de croisière, pour d’autres une galère, un bateau négrier, un rafiot rafistolé, où les deux-tiers de l’humanité s’entassent à fond de cale et qui risque de chavirer.
A moins peut-être qu’éclate à bord une mutinerie…

Francis Combes, 26 juin 2015

En ligne sur franciscombes.unblog.fr/
Paru dans Cerises n° 260

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Du terrorisme au FN, la haine appelle la haine.

Le discours politique de Florian Philippot est limpide et ses mots simples : il faut remettre de l’ordre dans les zones de non-droit de la République, dans les quartiers gangrenés par le « caïdat » (la consonance avec Al-Qaïda n’est pas fortuite) où les habitants ne se sentent pas en sécurité, où les femmes n’ont pas droit de cité et où les policiers ne vont pas de peur de déclencher des émeutes…
Le repli identitaire et sécuritaire serait-il la solution à la terreur ?
Et si ce discours ne faisait que perpétuer la culture de la haine de l’autre, et si ce n’était que le revers de la médaille du terrorisme ?

La haine appelle la haine. Lire la suite

Profession Psychiatre

Compétences requises : Excellentes compétences en analyse – Grande perception – Maturité – Bonnes compétences en communication – Empathie – Compassion.(source wikipedia )

Vous apprendrez à prescrire des médicaments psychotropes mais pas comment les arrêter car qui dit arrêt du traitement dit rechute. Et vos (im)patients se chargeront par eux-mêmes d’essayer d’arrêter ces traitements qui minent leur élan vital.

Un petit film d’animation du docteur Kamran Ahmed qui essaie de changer les regards sur son métier de psychiatre.

Comment devient-on fou ? Et que faire pour ne pas le devenir.

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On peut avoir des comportements fous, défiant l’entendement ou la morosité ambiante, encore heureux ! Mais il est malheureux de dire de quelqu’un qu’il est fou, qu’elle est folle : c’est considérer que cette personne a perdu la tête, c’est la déshumaniser. Il n’y a pas d’un côté les sains d’esprit et les fous de l’autre qu’il suffirait d’identifier, puisque chacun porte en soi une part de raison gardée. Et bien des folies ne sont que passagères.

La folie se nourrit de notre rapport au monde qui nous entoure, de notre (in)capacité à exister dans le monde tel qu’il est. Chacun aspire à devenir acteur de son existence et à donner un sens à ce qu’il vit. Ne pas comprendre, voilà ce qui dérange.
La figure du fou, cette « inquiétante étrangeté », hante notre imaginaire collectif. Un fou ça crie, ça parle tout seul et ça dérange. D’où cette peur de devenir fou soi-même.

Devenir fou, c’est couper les ponts de toute communication possible.
C’est brûler vif comme un carré de sucre plongé dans un café, sentir qu’on est en train de se noyer puis se désagréger, se dissoudre sans comprendre ce qui nous arrive.

Le temps est la substance dont je suis fait.
Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis le fleuve ;
c’est un tigre qui me dévore, mais je suis le tigre ;
c’est un feu qui me consume, mais je suis le feu.
Jorge Luis Borges.

Généralement, tu deviens un criminel aux yeux du monde le jour où tu passes par la case prison. Dans notre cas, tu deviens fou le jour où tu te réveilles dans un hôpital psychiatrique et que tu commences à prendre des médicaments qui te rendront la vie amère.

C’est souvent au passage de l’adolescence à l’âge adulte que les gens basculent dans la psychiatrie, médecine qui soigne les maladies de l’esprit par les médicaments. Pour ces maladies on parle de soin et non pas de guérison. Les personnes suivies en psychiatrie peuvent se rétablir mais leur sensibilité et fragilités font de leur vie un combat quotidien.

Que faire pour ne pas devenir fou. Lire la suite

Maupassant & la Vénus de Syracuse

Affolante Vénus qui fait perdre la tête à Maupassant!

En pénétrant dans le musée, je l’aperçus au fond d’une salle, et belle comme je l’avais devinée.

Elle n’a point de tête, un bras lui manque ; mais jamais la forme humaine ne m’est apparue plus admirable et plus troublante.

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Elle n’a pas de tête ! Qu’importe ! Le symbole en est devenu plus complet. C’est un corps de femme qui exprime toute la poésie réelle de la caresse.

Schopenhauer a dit que la nature, voulant perpétuer l’espèce, a fait de la reproduction un piège.

Cette forme de marbre, vue à Syracuse, c’est bien le piège humain deviné par l’artiste antique, la femme qui cache et montre l’affolant mystère de la vie.

Extraits du récit du voyage en Sicile qu’accomplit Guy de Maupassant au printemps 1885.

Paris, la mort au coin de la rue.

oeil parisLendemain de carnage dans les rues de Paris et Saint-Denis.
Tristesse et peur, profonde tristesse pour ceux qui ont péri et leurs proches, et peur pour les miens.
« Rentrez chez vous » nous a-t-on dit sur le moment, la mort court les rues et fauche qui s’y trouve sans distinction. Restons chez nous, en sécurité. Dehors, la mort.
Derrière le seuil de la porte, l’horreur. Mais l’horreur n’a que faire des frontières, elle rentre chez moi par la télévision, et la guerre par-delà des frontières frappe en plein Paris.
Se replier pour faire le deuil, fermer les frontières.
Ne pas oublier, la mort ne s’oublie pas, mais aussi reprendre notre chemin, ressortir dans les rues car la vraie vie est dehors, c’est avec les autres qu’elle prend tout sens.

Quand le football s’en mêle. Une réflexion sur la stigmatisation dans les médias.

Partons des faits: l’entraîneur de l’Olympique de Marseille, l’argentin Marcelo Bielsa dit « El Loco », annonce sa démission suite à la défaite de son équipe lors du tout premier match de championnat. Surpris par cette décision, de nombreuses voix du football français se lâchent dans les médias dont J.Rothen, joueur fraîchement retraité: «C’est une énorme trahison. Il est complètement fou. C’est un club qui mérite beaucoup plus de respect que ça, et surtout qui ne mérite pas d’avoir un entraîneur de la sorte.»
Mais moi ce qui me chagrine c’est cet article sur Eurosport intitulé: « Marcelo Bielsa, un « autiste social » ? Plutôt un passionné intransigeant qui se moque des apparences » qui s’interroge sur le caractère pathologique de la personnalité réservée de Bielsa.  Lire la suite