Working First 13, un accompagnement vers et dans l’emploi

Les personnes revendiquent souvent, quand elles vivent à la rue et encore plus quand elles ont eu accès à un chez soi, la volonté de travailler.

Elles veulent toutefois travailler en milieu ordinaire et refusent le plus souvent les dispositifs de travail en milieu protégé.

A Marseille, l’équipe MARSS (Mouvement et Action pour le Rétablissement Sanitaire et Social), avec l’équipe de réhabilitation du Pr Christophe Lançon et l’association HAS (Habitat Alternatif Social), en se basant sur un modèle développé aux Etats-Unis dans les années 70, a participé à la mise en place d’une équipe d’accompagnement à l’insertion professionnelle pour des personnes vivant avec un trouble psychiatrique sévère.

Cette équipe, appelée Working First 13, propose depuis fin 2014, un accompagnement vers et dans l’emploi sans limite de durée.

Les impacts des maladies psy dans le travail

Quels sont les impacts des troubles psychiques dans le travail?
Il est admis que chez une personne souffrant de troubles psychiques:

Les capacités intellectuelles sont le plus souvent conservées mais utilisables de manière variable.

Comment cela se traduit concrètement?
Voici un extrait de la rubrique maladies psychiques du site maladie-chronique-travail.eu, où il est question des difficultés que peuvent éprouver les personnes concernées, pour créer un environnement de travail propice à l’expression de leurs compétences et à leur aguerrissement.

La maladie ou les traitements peuvent avoir des impacts dans le travail :

  • Des impacts cognitifs :
    • Troubles de la concentration et mémorisation des consignes
    • Troubles de la concentration et de l’attention
    • Difficultés à anticiper, planifier

D’où l’importance de donner des consignes claires, éventuellement avec un support (fiches, supports informatiques), de reformuler, …

  • Des difficultés dans la réalisation du travail :
    • Lenteur d’exécution
    • Fatigabilité
    • Difficultés à mobiliser ses capacités

D’où l’importance de prendre en compte le rythme propre de la personne (en particulier pendant les phases d’adaptation), adaptation des horaires, temps partiel, éviter les changements de postes trop fréquents.

  • Des difficultés de communication :
    • Stress
    • Trouble de la gestion de vie émotionnelle

D’où la nécessité de soutien pour entreprendre de nouvelles tâches, de mise en confiance.

  • Des difficultés sociales :
    • Retard
    • Aspect vestimentaire

D’où la nécessité pour certaines personnes de travailler sur les codes sociaux, les difficultés de  la vie quotidienne en ayant un suivi à l’extérieur de l’entreprise

Employeurs et collègues sont souvent au courant (sans connaître précisément le diagnostic), mais se trouvent démunis (méconnaissance de l’attitude à observer ), ce qui peut entraîner un phénomène de stigmatisation, d’où l’importance d’informer l’ensemble du service et de prévoir un accompagnement (tuteur, collègue).

Le soutien à l’emploi (ou les pratiques de « job coaching ») : une nouvelle stratégie d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap psychique

Par Bernard Pachoud et Christophe Allemand.

Résumé: Alors que les pratiques traditionnelles de réadaptation au travail et d’aide à la réinsertion font preuve d’une efficacité modeste en termes d’insertion dans l’emploi, en particulier dans un marché de l’emploi tendu, les pratiques dites de « soutien à l’emploi » (supported employment) ou de « job coaching » suscitent l’intérêt en raison de leur bien meilleure efficacité en termes d’accès à l’emploi, selon les résultats convergents de nombreuses études. Elles reposent sur la stratégie du «Place and train», insérer d’abord puis former et soutenir dans le cadre de l’activité de travail, ces différentes tâches étant assurées dans la durée par une même personne, le job coach. À partir des données de la littérature concernant ce type de pratiques, nous nous interrogerons sur les ressorts de son efficacité et les possibilités de sa mise en œuvre en France. Lire la suite

« Les enchaînés », la santé mentale au Bénin et en Côte d’Ivoire

La St-Camille donne des services psychiatriques contemporains dans ses centres comme solution autre à l’enchaînement aux arbres, à l’exclusion sociale et à l’abandon pour les personnes atteintes de maladie mentale, selon la tradition africaine. Les Amis de la St-Camille développent des réseaux locaux d’entraide et de coopération pour la Côte d’Ivoire et le Bénin.

Lire la suite

En Italie, des exemples de coopératives sociales et initiatives de réinsertion par le travail

Ouverte à Paris par Caterina Avanza et Ludovica Guerreri, la boutique Ethicando est une vitrine pour des coopératives sociales italiennes qui se battent contre les méfaits des économies criminelles et pour un retour à la « légalité ».
Parmi ces coopératives sociales italiennes, certaines travaillent avec des personnes psychiquement fragiles et participent à leur intégration dans le monde du travail et dans la société:
Pictor et son projet agricole CoseBuonedaMatti, « Città e Salute » à Milan et son atelier d’orfèvrerie Uroburo. Lire la suite