Réponse à l’article « Jésus, Abraham et Moïse étaient-ils psychotiques? »

droit-rponsePartons de la conclusion qui résume assez bien la teneur de l’article :

« Il s’agit donc moins de décrédibiliser les monothéismes que de réhabiliter les patients souffrant de maladies psychiatriques. Et s’il y avait un futur Jésus parmi eux? »

Derrière ce titre percutant, Clément Guillet nous propose avec l’appui d’une blouse blanche, le dr. Didi Roy, une synthèse d’un article scientifique audacieux « The Role of Psychotic Disorders in Religious History Considered » publié en 2012 dans  « The Journal of Neuropsychatry and Clinical Neurosciences ».

Alors que Clément se demande si on aurait eu ces religions si les neuroleptiques et les antiépileptiques avaient existé il y a deux mille ans, le dr. Didi Roy est lui convaincu que Jésus était bipolaire et qu’il lui aurait suffi de quelques séances d’électrochocs pour changer son destin.

Déconcerté par les raccourcis et les phrases chocs, je me mets à lire l’article original de la revue américaine. Lire la suite

La folie du temps qui passe

0b78ad46-8548-4f38-8520-6ab9689ae578Dans son texte « Temps maudit, temps tolérable », Giuliana Galli Carminati nous parle du rapport des psychotiques au temps et la difficulté de se raccorder au temps présent:

« Nous subissons le temps avec sa constance expérimentale et sa flèche impitoyable. Bien que cette constatation puisse nous paraître désolante, notre pire ennemi peut devenir un allié, peut nous aider à réaliser nos projets, et même se plier à devenir un outil thérapeutique. Tout cela, évidemment, de façon temporaire. »

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« Les logiques de la psychose », Sylvain Tousseul

k14608508« Lorsqu’on écoute le discours d’un patient psychotique ou lorsqu’on observe son comportement, on constate des bizarreries, des incohérences, des contradictions, voire « des idées délirantes, des hallucinations prononcées, un discours désorganisé, ou un comportement désorganisé ». Pourtant ces patients semblent suivre certaines logiques. Aussi étranges qu’elles puissent nous paraître, ces logiques présentent néanmoins des fils conducteurs assez typiques, dont la caractéristique commune est d’être déconnectée de la réalité. Ainsi, l’observation clinique nous place devant ce paradoxe selon lequel les discours et les comportements des patients psychotiques sont incohérents, bien qu’ils semblent suivre certaines logiques, ce qui explique d’ailleurs que des savants, notamment des mathématiciens, puissent présenter des symptômes psychotiques sans que leur facultés logiques soient altérées. »
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« En aidant si peu ces réfugiés, à évacuer leurs traumatismes, est-ce qu’on n’est pas en train de fabriquer des psychotiques, de préparer des nouvelles générations de terroristes ? »

C’est la question que posait ce midi Daphné Bürki à son invité, le Dr. Alain Serrie, à propos des enfants dans les camps de réfugiés au Moyen-Orient.
Pour resituer cette question dans son contexte, le docteur venait d’affirmer qu’il faut accompagner ces enfants le plus tôt possible pour faire en sorte qu’ils ne développent pas des psychoses qui nécessitent après une vraie prise en charge psychiatrique.

Quand Daphné Bürki parle à son tour de « psychotiques », faut-il entendre par là la mue de l’état traumatique en une maladie d’ordre psychique? Elle veut sûrement dire que, faute d’un soutien psychologique, l’enfant traumatisé peut devenir lui-même un bourreau.
Mais peut-on vraiment faire l’amalgame entre psychotique et terroriste?