La folie d’une société

« Moi, je ne me considère pas comme un malade mental mais comme une victime de la société ».

20121018J’aimerais réagir à cette phrase entendue sur les ondes de radio « sans nom » qui pour l’occasion s’est muée en radio Liberté. Cette conviction sincère que c’est la société malade qui est à l’origine de son mal-être nous rappelle la difficulté de surmonter les troubles psy et à leur trouver un sens. Je pense que se poser en victime de la société c’est cristalliser en soi ce sentiment d’injustice d’avoir vu sa vie brisée par une force inexpliquée. Mais un être sensible qui se dit victime de la société ne serait-il pas un être profondément social qui aspire à vivre parmi les autres?

« La société et ses lois ne sont rien en dehors des individus; la société n’est pas simplement un « objet » « face » aux individus isolés; elle est ce que chaque individu désigne lorsqu’il dit « nous ».

C’est seulement à partir du moment où l’individu cesse de penser ainsi pour lui tout seul, où il cesse de considérer le monde comme quelqu’un qui « de l’intérieur » d’une maison regarderait la rue, « à l’extérieur », à partir du moment où, au lieu de cela – par une révolution copernicienne de sa pensée et de sa sensibilité -, il arrive aussi à se situer lui-même et sa propre maison dans le réseau des rues, et dans la structure mouvante du tissu humain, que s’estompe lentement en lui le sentiment d’être « intérieurement » quelque chose pour soi tandis que les autres ne seraient qu’un « paysage », un « environnement », une « société » qui lui feraient face, et qu’un gouffre séparerait de lui. »

(ré)écouter « Être fou, un peu, beaucoup », Tea Time Club du dimanche 16 août 2015 sur France Inter

Pour notre réunion du thé dominicale, on se demande qui sont les excentriques, les décalés, les irrévérencieux, les fantasques, les fous et à partir de quand on le devient, on se demande où on place les limites de la folie, ici et ailleurs.  On va commencer par la folie ordinaire et en deuxième heure, on parlera de cette folie qu’on ne peut plus contrôler, qui peut causer beaucoup de tort et des méthodes qu’on met en place pour soigner ceux qui en souffrent en Argentine, au Bénin, en Tunisie, en Belgique.

Lien: http://www.franceinter.fr/emission-tea-time-club-etre-fou-un-peu-beaucoup